Les architectures sensibles de Chun Kwang Young

La Villa Empain présente actuellement à Bruxelles sa première exposition consacrée à un seul et unique plasticien : le Sud-Coréen Chun Kwang Young. L’artiste propose une sorte de méditation tournée vers certaines énigmes de l’univers : d’une part l’infiniment petit, l’intime, et d’autre part le monde, la conscience collective. Des œuvres phares, conçues entre 1998 et aujourd’hui, sont à découvrir.

Agrégations (détail), Chun Kwang Young, 2017.

Chun Kwang Young (né en 1944) présente son travail avec une forme d’estime et de fierté émouvantes. Disons que ce passionné est fier de son parcours individuel, tout autant que de son langage spécifique. Originaire de Hongcheon, en Corée du Sud, il est né en pleine tempête politique, avant le départ des forces japonaises, dans un pays qui souffrait de la guerre. Il étudie les beaux-arts à l’Université de Hongik, à Séoul, puis obtient un master au Philadelphia College of Arts, aux Etats-Unis, en 1971. Nommé artiste de l’année par le South Korean National Museum of Contemporary Art, il reçoit en 2009 le Prix du Président des mains du ministre de la Culture dans son pays. Sur le sol américain, il découvre le pop art, le color field, l’action painting et plonge de tous ses pinceaux dans l’expressionnisme abstrait. Tout d’abord peintre, il ressent bientôt le besoin d’une expression plus singulière, plus proche de ses racines. C’est avec cette intuition, cette compréhension juste, qu’il amorce le tournant vers ses agrégations, un style bien à lui.
A la manière de mystérieux puzzles, ses assemblages de centaines de petits triangles recouverts de papier hanji offrent des jeux variés et délicats de formes et de couleurs. Un travail de fourmi œuvrant sans relâche, qui révèle des messages subtils et recèle aussi beaucoup d’humanité. Installations sphériques ou œuvres à la clarté lunaire établissent de complexes agencements, des systèmes abstraits et multidimensionnels avec le même épicentre : un désir de relier chaque minuscule triangle à un tout beaucoup plus vaste. Telles les cellules d’un même corps. Car Chun Kwang Young est sensible aux histoires individuelles tout en restant attaché au récit collectif, à la complexité et à l’évolution de la société coréenne dans son ensemble, à l’idée d’unité fondamentale.
Enfant, Chuan Kwang Young observait comment son grand-père pharmacien emballait les médicaments dans ce papier traditionnel hanji, issu de l’écorce de mûrier. Omniprésent et familier dans la culture et le quotidien coréens, il est apprécié pour sa résistance et sa longévité. A Séoul, les cadeaux ne sont pas offerts dans des boîtes, mais enveloppés dans ce papier hanji. Il sert de support à l’écriture et à la pensée, irradiant ainsi une dimension spirituelle qui n’est pas absente des œuvres exposées. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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