Joseph Claret – Chat séraphique aux prunelles pâles

Sur sa carte de visite, il y a un chat. Un beau matou noir à la gorge blanche et au bout des pattes de neige. Assis sur une bande de couleur verte, majestueux et hiératique, il observe, droit devant lui, de ses yeux jaunes aux pupilles sombres. La peinture de Joseph Claret enchante au premier regard. Des fleurs poussent dans l’eau, des hommes volent, Adam s’apprête à déjouer les ruses du serpent et les anges nous tendent des bouquets de fleurs : le paradis terrestre a survécu, les toiles débordent d’une vie de rêve. Peintre aux doigts de magicien, Joseph Claret fait naître sous nos yeux la fraîcheur d’un sourire, l’étrange chevauchée d’une femme et d’un tigre, la légèreté d’un galop en plein ciel… « Le peintre doit interpréter la nature telle qu’il la perçoit, qu’il la ressent. Il ne doit pas chercher à plaire mais à satisfaire sa passion. » Le doute n’est pas permis : l’artiste se soucie de la mode comme d’une guigne. Peu importe le marché, les critiques et autres empêcheurs de peindre en couleur, Joseph Claret travaille l’huile sur toile en quête de beauté, inspiré par l’amour. « La couleur permet de rendre les impressions sensuelles et les états d’âme. Elle revêt donc un caractère symbolique », commente-t-il. Il est là l’artiste, sur la toile, tenant dans ses bras sa bien-aimée et s’envolant vers des cieux azurés ou l’enlaçant tendrement dans une barque livrée à des flots paisibles. Ses tableaux sont des songes peuplés de signes et de secrètes réminiscences qu’exaltent d’intimes sentiments. C’est après avoir exercé plusieurs métiers et être entré dans la police comme d’autres avaient été douanier ou facteur, qu’il découvre à 35 ans la peinture et la musique. Encouragé par le directeur des Beaux-Arts de Bordeaux, il fait sa première exposition en 1973 à presque 50 ans. Pour lui, l’art naïf est l’expression d’une émotion fondée sur « l’expérience d’un artiste qui rejette toute école et possède une âme pour continuer d’affirmer sans cesse sa façon d’être ». L’âme de Joseph Claret s’incarne dans sa peinture joyeuse et poétique, décalée et pleine d’humour.

Joseph Claret courtesy Musée de la Création Franche
Le solitaire, Joseph Claret, 2006-2007

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