Ernesto Neto à Bilbao – Respirer la vie

« Ce que nous avons en commun est plus important que ce qui nous différencie. » C’est mû par cette intime conviction qu’Ernesto Neto enquête, depuis une trentaine d’années, sur les aspects communs aux relations humaines, livrant le fruit de ses recherches à travers des sculptures et installations qui en appellent inlassablement à la sensualité et à la corporalité. Le Musée Guggenheim de Bilbao, en Espagne, présente jusqu’au 18 mai une vaste rétrospective du travail de l’artiste brésilien, qui réunit une cinquantaine de pièces réalisées depuis la fin des années 1980.

Imaginées pour être touchées, traversées, habitées, ressenties, les œuvres d’Ernesto Neto incitent le visiteur à expérimenter son propre corps, ses sens et sentiments. Tout comme notre enveloppe corporelle, elles sont souples et fragiles, et traduisent une recherche portée depuis ses débuts par une appréhension de la nature «  comme grand maestro de l’art  ». «  Incontestablement, c’est de la nature que nous apprenons, estime ainsi le Brésilien. C’est en elle que tout se trouve et se résume. Je suis certain, qu’un jour, nous vivrons en pleine harmonie avec le monde naturel.  »

Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, qui célèbre cette année ses cinquante ans, l’exposition de Bilbao se déploie depuis le rez-de-chaussée du musée jusqu’à l’étage, immergeant le public dans un univers singulier et étonnant, empli de stimuli sensoriels, d’invitations interactives d’ordre visuel, tactile et olfactif. Plusieurs œuvres ont été spécialement créées pour l’occasion, parmi lesquelles Le corps féminin qui tombe (de Léviathan Thot), monumentale installation s’étirant de toute sa hauteur dans l’atrium de l’institution. Le parcours se dessine au fil de neuf zones aux dénominations aussi insolites qu’alléchantes  : «  Pourquoi retournes-tu à Rome ?  », «  C’est la vie  », «  La maison des rêves  », «  Doux bord  », «  N’aie pas peur du chaos  », «  Le frère de la montagne  », «  Troc troc  », «  Je vends des bonbons  » et «  Manger avec les yeux  ». Tunnels propices à la flânerie, surfaces engloutissant le corps, figures proéminentes invitant à l’accolade et autres environnements fantastiques forment alternativement des espaces d’instabilité et de détente, comme autant d’étapes d’un véritable voyage initiatique. Pour Ernesto Neto, l’espace d’exposition doit être un lieu de poésie, un endroit où l’on puisse cesser de penser et s’évader du quotidien. «  Nous recevons constamment de l’information, mais ici je veux que nous puissions nous réfugier dans l’art. Je crois que ne pas penser est bon, c’est respirer directement la vie.  »

Ernesto Neto, photo Erika Ede courtesy Guggenheim Bilbao
Copulonia, bas polyamide et sphères de plomb, vue de l’installation au Musée@Guggenheim de Bilbao, Ernesto Neto, 2013
Ernesto Neto, photo Erika Ede courtesy Guggenheim Bilbao
ŒufCorps, bas et tissu polyamide, billes de mousse de styrène et billes@de polypropylène, vue de l’installation au Musée@Guggenheim de Bilbao, Ernesto Neto, 2013
Ernesto Neto, photo Everton Ballardin
Street Vendor Candy Bunches, vue de l’installation au Musée d’art@moderne de S?o Paulo, Ernesto Neto, 2010
Ernesto Neto, photo Everton Ballardin
Drum, vue de l’installation au Musée d’art@moderne de S?o Paulo, Ernesto Neto, 2010

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