Vente en ligne d’œuvres d’art – Les sites misent sur la diversité et des prix bas

Des œuvres d’art à portée de clic pour une centaine d’euros, voilà comment ArtFloor.com, Enviedart.com ou encore Artemptation.com, pour n’en citer que quelques-uns, espèrent encourager un premier acte d’achat. Ces sites sonneraient-ils le glas des galeries ayant pignon sur rue  ? Rien n’est moins sûr. Bien au contraire.

Trop de gens se laissent encore impressionner par les prix astronomiques atteints par certaines œuvres lors des grandes ventes aux enchères. Des spéculateurs richissimes et avides de nouveaux gains auraient-ils fait main basse sur le marché  ? Ces transactions à vous donner le tournis ne représentent en fait qu’une partie de la réalité mais elles entretiennent la réputation élitiste du marché de l’art contemporain. Par ricochet, rares sont les non-initiés qui osent pousser la porte d’une galerie. Pourtant, contre quelques centaines d’euros, on peut aborder certains rivages enchantés.

C’est dans cette optique que sont nés la plupart des sites de ventes d’art contemporain sur Internet. Les prix y sont souvent doux  : «  Vous pouvez trouver une gravure à partir de 30 ou 50 euros  », explique Yann Bombard, le fondateur d’Enviedart.com. «  Nous vendons beaucoup d’œuvres aux alentours de 100 euros  », reconnaît pour sa part, Alexandra Goemaere, cofondatrice d’Artemptation.com qui a vu le jour en octobre 2008. S’il s’agit bien de démystifier, pas question de brader  : certaines pièces atteignent 5 000 euros. «  Des clients nous testent en achetant une première œuvre à 300 euros puis reviennent pour un plus gros achat  », souligne Georges Ranunkel, dont le site ArtFloor.com, qu’il a cofondé en 2000, revendique une moyenne d’achats de 900 euros.

Ce rapport décomplexé aux prix est sûrement le principal axe de différenciation avec les galeries traditionnelles. «  Afficher les prix, c’est quelque chose qui ne se fait pas du tout en galerie ni sur les grandes foires, comme la Fiac par exemple  », souligne Georges Ranunkel. Chez nos voisins belges, cette pratique est «  inconcevable  », selon Alexandra Goemaere. «  La plupart des galeries concurrentes ne comprennent pas du tout notre démarche. Nous ne pourrions d’ailleurs pas nous contenter d’une présence 100  % sur Internet. Nous avons très rapidement ouvert une galerie à Bruxelles car lors de notre étude de marché, il nous est apparu que la clientèle belge éprouvait le besoin de découvrir l’œuvre de visu et d’avoir un contact avec nous  », poursuit-elle.

Enviedart.com
Il est possible d’ouvrir une@ fenêtre pour visualiser l’œuvre

Un espace infini disponible

Posséder ou non un espace d’exposition en parallèle, les avis divergent encore en France. Si ArtFloor.com a fait le choix de demeurer 100  % on-line pour ne pas risquer de cannibaliser les ventes du site, il organise régulièrement des expositions en partenariat avec des galeries. «  En décembre, plus de 800 visiteurs sont venus découvrir le travail de nos artistes à l’Espace Châtelet  », se félicite Georges Ranunkel. Mais le but avoué de ce type de manifestation est avant tout de communiquer. Les transactions s’effectueront dans un deuxième temps, via le site. Chez Enviedart.com, la vision est différente. «  C’est la combinaison galerie en dur et galerie virtuelle qui fonctionne. Rien ne peut remplacer le contact avec l’œuvre. D’ailleurs, il arrive souvent que des clients prennent le temps, chez eux, de découvrir les œuvres qui les intéressent. Et repartent de la galerie avec tout autre chose  ! Le coup de cœur a emporté la décision  », constate Yann Bombard.

Il est toutefois un terrain sur lequel l’Internet l’emporte sans hésitation sur les galeries  : c’est l’espace disponible à l’infini pour les artistes. Enviedart.com en compte 120 en permanence sur son site et ArtFloor.com en a sélectionné 100. Impossible pour les galeries de rivaliser avec de telles offres. «  Mais c’est justement-là notre valeur ajoutée. Nous effectuons un travail de sélection beaucoup plus pointu parmi une offre pléthorique et pas toujours très qualitative  », se défend Jocelyn Wolff, responsable de la galerie éponyme. Il est vrai que certaines galeries virtuelles se contentent, sans la moindre discrimination, de mettre des œuvres en ligne  ; et là on s’éloigne quelque peu de l’art  ! Mais la démarche reste la même  : permettre au public de trouver son bonheur en achetant un tableau, une photo ou une sculpture, à tous prix  !

ArtFloor.com
Page d’accueil de la galerie @art contemporain du site @ArtFloor.com

Rendez-vous le 4 février pour le prochain article d’Anne-Laure Robert

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