Mark Andrews – L’artiste qui venait du bush

Au cœur d’une exposition collective, dans une étroite pièce savamment éclairée, des toiles de taille modeste se détachent d’un ensemble plutôt classique. Elles sont signées Mark Andrews. Après un silence de vingt ans, l’artiste australien fête son retour par une véritable polyphonie de couleurs éclatantes. A partir de cercles finement tracés à l’encre au gré de l’impulsion d’une main comme abandonnée à l’écriture automatique, Andrews laisse encre et esprit vagabonder à l’unisson et ses formes dériver jusqu’à l’union la plus improbable. Naissent alors des compositions à la fois mécaniques et organiques qui s’enchantent de verts chatoyants, de bleus, roses ou rouges en délicate harmonie. On pense à travers cette figuration libre aux œuvres débridées et foisonnantes d’un Di Rosa, d’un Combas, voire d’un Erró. Waverley, Owanda, Moola, autant de noms qui font rêver, venus du fin fond de l’outback australien, d’un arrière-pays quasi aride, au-delà du bush, en réalité les noms des villes dans lesquelles l’artiste a grandi. Ses toiles, tel le kaléidoscope d’une imagination qui puise son inspiration dans un terroir omniprésent, reflètent la patience d’un homme en quête de sérénité. Aloomba, dont la bichromien’est autre que la traduction sur toile des couleurs de l’uniforme qu’il portait à l’école primaire  ; une époque où il se passionnait pour les dessins animés et la BD. Un temps source de son inspiration. Avant de suivre Kandinsky, Léger, et plus récemment Fred Williams, artiste australien paysagiste. Mark Andrews souhaite que ses œuvres transmettent des messages simples, une ambition qui ne l’empêche pas de vouloir relever de nouveaux défis et faire voler en éclats les formats d’aujourd’hui, voir grand, très grand, et, qui sait,  filer vers les étoiles  !

Mark Andrews
Lambert, Mark Andrews, 2010

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