Galerie Artset à Limoges – Un pour tous, tous pour Marc Petit !

Samedi 22 octobre à Limoges  : une bande d’amateurs d’art, de collectionneurs et d’amis, s’est réunie pour fêter l’ouverture de l’espace Marc Petit à la galerie Artset. Jean-Claude Hyvernaud, l’heureux maître des lieux, fait le point sur 20 ans d’enthousiasme !En vitrine, trois tondos signés Alechinsky, au mur, des peintures de Patrick Loste. A gauche de l’escalier, un Rebeyrolle de calibre muséal. Au sous-sol, de superbes Viallat, des Devolder et des Josep Riera I Arago. Toutes les œuvres ont été minutieusement choisies et accrochées à la perfection. Impossible ici d’évoquer une main heureuse, seuls le goût et l’expérience peuvent parler ainsi. Jean-Claude Hyvernaud ne fait jamais les choses à moitié. Quand il décide avant l’été de tout chambouler, c’est le branlebas de combat  ! Non seulement, il veut rénover Artset, mais, surtout, il souhaite ouvrir au public un espace permanent consacré à l’œuvre de Marc Petit. Pour ce faire, il abandonne son appartement situé à l’étage. Pas question de fermer les lieux pour cause de travaux, il décide de les faire par tranche et, comme un chantier ne suffit pas, d’ouvrir aussi un front sur Internet  ! En ce samedi 22 octobre, jour de fête, résonnez musettes, tout est prêt, même le site Web  ! En face de la porte d’entrée, un escalier mène à l’espace réservé désormais au sculpteur. Cela fait 20 ans que Marc Petit et Jean-Claude Hyvernaud travaillent ensemble. Si les difficultés des débuts sont oubliées depuis longtemps, l’engagement à défendre l’œuvre a créé d’indéfectibles liens. A l’étage, le visiteur découvre dessins et sculptures de l’artiste. Plafonds blancs avec moulures et parquets anciens impeccablement cirés, les pièces transformées en écrin accueillent quelque soixante pièces de bronze. De part et d’autre des deux cheminées, des vitrines renferment les plus petites d’entre elles. Marc Petit n’a pas son pareil pour suspendre la course du temps. Plongez votre regard dans celui de ses personnages, laissez-vous happer, emporter dans le jardin de L’attente, comprenez la révolte silencieuse de celui qui a Les poings serrés, cheminez au loin derrière Le Cavalier de la Nuit, accueillezavec soulagement et gratitude Le Jour. Même au plus fort de la journée, quand ceux qui veulent descendre s’effacent devant ceux qui gravissent les marchent, les sculptures imposent leur rythme, leur tension. Certains collectionneurs avouent posséder plusieurs dizaines d’œuvres de l’artiste et ne pas pouvoir acquérir celles d’un autre. Aucun regret dans leur propos, seulement une constatation  : aucune autre œuvre ne leur parle aussi bien d’eux-mêmes. Jusque tard dans la nuit, les invités ont célébré l’art et l’amitié. Jean-Claude Hyvernaud peut être fier.

ArtsHebdo médias. – Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à ouvrir une galerie ?

Jean-Claude Hyvernaud. – Pas des raisons, plutôt des rencontres. Une part de hasard et mon attirance pour les œuvres d’art au sens large, que ce soit les objets, les meubles, les peintures ou les sculptures, naturellement. Il y avait d’un côté des artistes qui recherchaient des lieux pour exposer et, de l’autre, des collectionneurs ou amateurs qui étaient demandeurs. Je n’imaginais pas que ce fut aussi compliqué. Il faut des années avant de connaître une infime partie de ce métier, appréhender l’œuvre d’un artiste, en repérer les bonnes périodes.Comment décririez-vous le rôle d’un galeriste ?

Il faut prendre en compte une réalité  : une galerie est une entreprise avec des charges, des frais de fonctionnement. Au cours d’une carrière, on rencontre et on expose un nombre important d’artistes dont très peu seront reconnus un jour. Les expositions permettent rarement de couvrir les frais. On doit donc assurer le fonctionnement de sa galerie avec des «  valeurs sûres  », des artistes déjà connus et «  cotés  ». Mais le plaisir est de rechercher des coups de cœur, des artistes en qui l’on croit et essayer de leur donner leur chance.[[double-v200:2,3]]

Comment choisissez-vous les artistes de votre galerie ?

Je n’ai pas de ligne de conduite, j’expose des artistes expressionnistes sans doute parce que Marc Petit est depuis 20 ans un pilier de la galerie, qu’il m’a fait aimer Velickovic, Lydie Arickx, Devolder… Rebeyrolle était Limousin. Ses œuvres me touchent toujours autant. Je présente des œuvres Support-surface de Claude Viallat. C’est presque un rêve de jeunesse, il a enseigné aux Arts décoratifs de Limoges et j’ai toujours aimé son travail. Pierre Alechinsky est pour moi un des plus grands artistes actuels, avec Bengt Lindström, le mouvement Cobra est représenté. Raoul Hausmann a fini sa vie en Limousin, sa dernière compagne m’a fait connaître son œuvre et donc j’expose des œuvres Dada. Il y a plusieurs années, j’avais découvert dans une galerie de Bordeaux de grandes bâches de Patrick Loste Aujourd’hui, je l’expose et j’aime toujours autant son travail. Le dernier entré dans la galerie est un immense artiste catalan : Josep Riera I Arago. Je l’ai rencontré par hasard au vernissage de l’exposition Loste au musée de Céret. Depuis je présente ses œuvres. Je vais d’ailleurs lui consacrer une exposition au printemps prochain.Racontez-nous votre première rencontre avec Marc Petit.

Avec Marc, nos carrières ont commencé presque en même temps, il y plus de 20 ans. Les premières expositions que l’on a fait ne fonctionnaient pas très bien pour ne pas dire pas du tout  ! Il y avait peu de bronzes, surtout des plâtres. Son travail faisait peur aux gens, mais on y a toujours cru. Au fil du temps, le public a commencé à regarder son travail autrement. Les ventes sont arrivées et les expositions sont désormais un succès. De son côté, Marc a fait son chemin. Je suis fier d’avoir participé à ce succès. Dès qu’il nous arrive quelque chose de positif, on se téléphone aussitôt. On est réellement heureux l’un pour l’autre.Pourquoi avoir décidé de consacrer un espace destiné exclusivement à son œuvre ?

Un jour, ce fut une évidence  : il fallait le faire. Je suis heureux, Marc est heureux, les gens qui le suivent sont heureux  ! Marc est un «  rassembleur  », ceux qui aiment son travail se déplacent à chacune de ses manifestations, se rencontrent, se connaissent. Je ne me sens pas capable de parler de son travail, ces dernières années de nombreuses personnes l’on fait et souvent bien fait.Avez-vous imaginé des développements autour de ce nouvel espace ?

J’ai rencontré cet été François Ollandini, le fondateur du musée Marc Petit à Ajaccio. Il m’a expliqué que ce musée était à Marc, que les expos y seront organisées à son initiative et les artistes choisis par lui. Il en sera de même pour l’espace de Limoges.Votre fils est aussi galeriste. Quels conseils lui avez-vous donnés ?

Antoine a rencontré Marc quand il avait 13 ans, s’est assis sur les genoux de Sanfourche à la même époque, m’a accompagné dans des salles de ventes, a assisté à des conversations avec des artistes, des marchands, quand il était très jeune. Cela lui a facilité quelques rencontres. Depuis qu’il a ouvert sa galerie, les choix sont les siens. Il a sa propre ligne, ses propres goûts. Je ne lui donne aucun conseil, il se débrouille très bien tout seul. On a la chance de faire le même métier et l’on se concerte très souvent avant de prendre des décisions. Mon expérience lui a fait gagner quelques années et lui a sans doute évité quelques écueils.[[double-v320:4,5]]

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