Miquel Barceló – Le génie protéiforme en Avignon

Il peint, découpe, sculpte, cuit, broie ou dessine : Barceló possède l’art d’un travail aussi organique que sensuel ; c’est aussi l’un des artistes les mieux payés du monde. On se souvient du désormais mythique, Paso doble, installationoù avec son complice le chorégraphe Josef Nadj, les deux hommes s’affrontaient en Avignon sur une scène de terre glaise devant un public littéralement tétanisé. Provocateur mais prodigieusement libre (il a commencé son aventure artistique en exposant de la viande avariée !), l’homme ne s’est pas forcément assagi et ne cesse de réinventer son art. La Cité des papes vient de lui confier ses clés : le Majorquin occupera jusqu’au 7 novembre le palais des Papes, l’hôtel de Caumont et le Petit-Palais. A cette occasion l’artiste célèbre les dix ans de la collection Yvon Lambert ; un ensemble d’œuvres des années 2000 autour du thème du monde méditerranéen dont la plupart n’ont jamais été exposées, et où Raymond Lulle, cet autre poète catalan du 14e siècle sera honoré. Homme de bien des défis, Barceló a pratiqué l’autodérision comme la peinture à la lance d’incendie (palais des Nations à Genève) ou encore recouvrir les 300 m2 de la chapelle de la cathédrale de Palma de Majorque d’une céramique fissurée ! Enfin, c’est aussi une belle occasion de découvrir son Eléphant  : près de 9 mètres de haut, six tonnes de bronze reposant sur la trompe. Pas de quoi frôler l’excommunication, mais plutôt donner le vertige…

Miquel Barceló – Adagp, cliché Franck Couvreur

Miquel Barceló – ADAGP, cliché Franck Couvreur

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