Rime à Paris – Saison 2

Rime est de retour à la galerie Wallworks, dédiée au street art et nichée dans le 10arrondissement de Paris. Voyage à travers la culture urbaine de la capitale française, scrutée par l’œil aiguisé d’un New-Yorkais.

On prend les mêmes et on recommence  ! Un an à peine après Reaction Lines, première exposition en France lui ayant été uniquement consacrée, Rime revient à Paris. Si l’Américain avait choisi de mettre New York à l’honneur en 2014, il a décidé cette année de se pencher sur la capitale française. Danger Zone est dans la droite ligne de ses derniers travaux, insistant sur les excès et les dérives de la ville. Pour ce faire, une vingtaine de toiles est accompagnée de quelques encres sur papier et de petits formats sur bois. Premier constat  : le lieu se prête particulièrement bien au style de l’artiste. Descendre l’escalier qui mène à l’atelier souterrain de la galerie, c’est aussitôt pénétrer dans son univers. Les murs recouverts de graffs donnent un avant-goût de l’ambiance distillée par son travail. Décor qui n’a d’ailleurs sûrement pas manqué d’inspirer les œuvres réalisées sur place pendant les deux mois précédant l’exposition.

Installé «  comme à la maison  », Rime n’a pas changé ses habitudes. A l’origine de sa créativité, un savant mariage entre l’impulsivité des premiers gestes et la maîtrise du dessin. Tout est lié. Après les formes de peinture viennent s’imposer les éléments graphiques. Le message central se veut clairement identifiable, tout en laissant la place à des interprétations aussi nombreuses que possible. L’artiste travaille généralement sur sept à huit toiles en même temps. Une méthode qui explique la proximité de certaines œuvres entre elles, abordant pourtant des thèmes différents. Jersey Joe (autre pseudo de l’artiste), qui se définit lui-même comme un éternel perfectionniste obsédé par le détail, se plaît à inscrire quelques mots ici et là, perdus dans l’immensité de la toile. Ses tableaux sont souvent dominés par des couleurs vives, sans pour autant négliger les aspects plus sombres qui lui permettent de créer de la perspective. L’artiste laisse également une place à l’erreur, qu’il considère comme partie intégrante du processus de l’œuvre, engendrant une réaction qui s’inscrit dans un ensemble.

Paris, «  Danger Zone  »

A l’heure de livrer sa vision de Paris, Rime s’est à nouveau inspiré de ce qu’il fait le mieux  : observer. Totalement décomplexé, il s’attarde sur les aspects «  trash  » de la vie parisienne avec humour et provocation. Au centre de la toile, certains motifs sont répétés pour donner l’illusion du mouvement qui anime la capitale française. Un procédé déjà utilisé à maintes reprises par ce membre de Mad Society Kings, son crew. Amateur de cartoons, il glisse des personnages, voire des animaux, dans des scènes qui racontent des histoires sans queue ni tête. Des femmes aux corps épanouis et nus, souvent représentées par une unique jambe, un sein ou une paire de fesses, se précipitent ou s’exposent dans de drôles de situations  ! Autant d’éléments clés de la Danger Zone, également habitée par des serpents ondulants. De là à dire que tous les paradis sont perdus… A ces figurations originales viennent s’ajouter quelques toiles plus abstraites, où les formes s’entremêlent les unes aux autres sans pour autant perdre la patte de l’artiste. Et c’est heureux  !

RIME, photo Olivier Gaulon
Danger Zone, acrylique sur toile (156 x 154 cm), RIME, 2015

GALERIE

Contact
Crédits photos