Festival de La Gacilly – Le monde à ciel ouvert

Pascal Labre / Balloide-photo.com

Initié en 2004 au cœur du Morbihan, le Festival Photo de La Gacilly accueille chaque été un nombre croissant de visiteurs. En dix ans, pas moins de deux millions de personnes sont venues sillonner les ruelles et jardins du petit village, pour y découvrir les multiples regards portés sur notre monde par quelque 200 photographes internationaux. Peuples & Nature est le thème générique de la manifestation qui célèbre cette année son dixième anniversaire, dont ArtsHebdo|Médias est partenaire. Coup d’envoi des festivités ce vendredi 31 mai.

Des images monumentales disséminées à travers un village. De grands noms de la photographie s’affichant dans une commune rurale de 2 200 habitants. Une exposition libre d’accès et livrée aux éléments des mois durant. Autant de propositions audacieuses qui, réunies, sont devenues le gage du succès rencontré par le festival de La Gacilly. «  Les utopies qui fédèrent donnent de l’énergie  », note Jacques Rocher, à l’origine de la création de la manifestation sur sa terre natale. «  La réussite du festival a toujours été liée à la qualité de la programmation et de la mise en scène, ajoute-t-il. Depuis la première édition, nous avons reçu des regards des quatre coins du monde. (…) De l’indignation à la contemplation, rien n’est interdit.  » Dès le départ, la manifestation s’est appuyée sur un ensemble de thématiques devenues récurrentes et s’articulant toutes autour des rapports entre l’homme et son environnement. La juxtaposition d’approches photojournalistiques et plasticiennes est une autre de ses singularités.

«  En 10 ans, l’humanité a connu des bouleversements dont nous mesurons à peine les conséquences : la révolution numérique a modifié nos modes de consommation ; la Chine, puis l’Inde, sont passées de puissances émergentes à géants économiques ; la bataille de l’eau a accompagné une démographie galopante ; les espaces naturels se sont fragilisés au détriment d’une urbanisation planifiée, méthodique ; les hommes, eux, ont conservé cette exceptionnelle capacité à pouvoir s’adapter à cette frénésie. Certes avec difficulté, parfois avec excès, mais toujours avec l’espoir chevillé au corps.  » C’est forts de ce constat que Cyril et Florence Drouhet – respectivement commissaire des expositions et directrice artistique du festival – entendent conforter La Gacilly dans son rôle de «  témoin de ce monde en devenir  » et de promoteur d’«  une photographie inventive, généreuse, engagée.  »

A l’occasion de cette édition anniversaire, les organisateurs ont invité plusieurs acteurs essentiels de la scène photo – parmi lesquels le Centre national des arts plastiques (Cnap), le Festival de photojournalisme Visa pour l’Image, ou encore le quotidien américain le New York Times – à présenter leurs coups de cœur. En cette année commémorative de l’amitié franco-allemande – symboliquement débutée lors de la signature du Traité de l’Elysée en janvier 1963 – le festival met par ailleurs les créateurs d’outre-Rhin à l’honneur. Des images fascinantes d’un Groenland menacé, vu et défendu par Olaf Otto Becker, à la série de portraits de vaches, constituée par Ursula Böhmer au fil de dix ans de pérégrinations aux quatre coins de l’Europe, en passant par l’hommage rendu par Michael Lange au monde poétique et mystérieux de la forêt, la sélection ici proposée témoigne de la variété comme du dynamisme de la photographie contemporaine allemande, particulièrement active sur le front de la défense de l’environnement. Une mise en lumière qui vient parfaitement faire écho à la «  photographie éthique, humaniste et de sens  », exposée depuis dix ans dans le village, rappelle Auguste Coudray, le président de l’association Festival Photo La Gacilly. «  Continuons à oser, à créer et à croire autrement  », invite-t-il simplement.

Olaf Otto Becker
Point 660, Olaf Otto Becker, 2 août 2008

GALERIE

Contact
Crédits photos