Helmut Stallaerts à Bruxelles – Balade en ambivalence

Helmut Stallaerts, photo Philippe De Gobert courtesy galerie Albert Baronian

Finaliste du Young Belgian Art Prize et gagnant du Prix ING du public en 2013, Helmut Stallaerts a été invité à exposer à l’ING Art Center de Bruxelles. Visitant la collection d’œuvres d’art d’ING Belgique, il se rend compte que son travail fait résonance avec de nombreuses œuvres de la collection – telles celles de Tony Cragg, Christian Boltanski, Anna & Bernhard Blume, Pat Steir, Jan Vercruysse ou encore Richard Deacon. C’est alors un long et fructueux dialogue qui démarre entre l’artiste et Patricia De Peuter, directrice des collections ING Belgique. Ensemble et en toute intelligence, ils ont construit un parcours de confrontations d’œuvres percutant et des plus intéressants.

Ce processus curatorial bicéphale permet d’ouvrir le champ d’expérimentation des œuvres. Ainsi, le spectateur n’est plus devant une œuvre agrémentée d’un cartel, à faire des liens entre ce qu’il ressent, ce qu’il connaît de l’artiste et de l’histoire de l’art en général, en un moment fermé, passant ensuite à l’œuvre suivante pour un autre moment clos. Ici, c’est un trajet, un parcours, mené par le regard qui tire le reste du corps, cœur et esprit compris. C’est comme une vue à 360°. Le regard se laisse porter d’une œuvre à l’autre, les relations entre chacune d’elles sont soit formelles, soit thématiques, soit philosophiques ou spirituelles. En certains points de l’exposition, les vues en diagonale sur l’ensemble sont aussi travaillées. Passionnant et riche de sens.

«  La collection ING Belgique, forte de 2 500 œuvres, a été constituée de manière organique à partir de la collection du baron Lambert. Elle est organisée de manière spontanée. Elle n’est ni scientifique, ni rigoureuse. Nous essayons qu’elle soit la plus large possible pour toucher le plus de monde possible, explique Patricia De Peuter. Une œuvre est avant tout un bien spirituel, d’esprit, de pensée. C’est ce que nous tentons d’illustrer ici et aussi au travers du déploiement de la collection.  »

Commençons par le sous-sol, à l’étage des anciens coffres-forts. Helmut Stallaerts, que nous avions découvert à la galerie Baronian, a choisi huit gravures datant de 1720, illustrant le krach boursier en Grande-Bretagne cette année-là, à mettre en parallèle avec son grand format Immer Weiter, représentant une sorte de montgolfière qui décolle comme une fusée. Derrière une lourde porte de coffre ouverte, apparaît une jeune femme sous la douche, dans une forme rectangulaire qui oppresse et enferme le personnage. L’œuvre de Helmut Stallaerts, à la fois très actuelle et profondément ancrée dans l’histoire de l’art dont il se nourrit, parle d’ambiguïté et d’impermanence. L’angoisse affleure. On est au bord du désastre. Incompréhensions et attentes sans fin semblent habiter toutes ses peintures. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Helmut Stallaerts, photo Philippe De Gobert
Vue de l’exposition Echoes, Helmut Stallaerts

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