Art Paris Art Fair 2016 – Fertile printemps

Sho Jang & Min Kim

Le Grand Palais s’apprête à accueillir la 18e édition d’Art Paris Art Fair. Du jeudi 31 mars au dimanche 3 avril, plus de 140 galeries venues de 22 pays y proposeront un large éventail de la création contemporaine internationale. « Fidèle à son concept du régionalisme cosmopolite initié il y a quatre ans, l’édition 2016 explore le territoire européen et ses scènes singulières de Marseille à Milan, de Munich à Zürich tout en accueillant la création venue de rivages plus lointains notamment, d’Azerbaïdjan, de Colombie et d’Iran », précise Guillaume Piens, commissaire général de la manifestation. Après la Chine en 2014, puis Singapour et l’Asie du Sud-Est l’année dernière, c’est au tour de la Corée – année France-Corée oblige ! – d’être à l’honneur avec la mise en avant de huit galeries et de quelque 70 artistes coréens, parmi lesquels Lee Ufan, Myeong-Ro Youn, Lee Bae, Yun Soo Kim, Bae Bien-U ou encore Min Jung-Yeon. Ce rendez-vous printanier attendu par le monde de l’art se caractérise également par une programmation des plus dynamiques, visant un large public, dont voici un aperçu.

Agata Kus_Maelle galerie
Twins IV, huile sur toile, Agata Kus, (Maëlle galerie), 2015.

Place aux jeunes ! Initié afin de promouvoir les galeries de moins de cinq ans d’existence et la création émergente, le secteur « Promesses » accueille, pour leur première participation à la foire, douze établissements installés à Amsterdam, Bakou, Bruxelles, Genève, Marseille, Londres, Paris et Zurich. Les deux galeries parisiennes sélectionnées sont la Maëlle galerie et Under construction gallery. La première présente une série de sculptures du Martiniquais Ernest Breleur, ainsi que des toiles de Sébastien Mehal, également d’origine martiniquaise, et de la Polonaise Agata Kus ; la seconde choisit de faire dialoguer trois artistes français, Cécile Chaput (installation), Sandrine Rondard (peinture) et Ken Sortais (sculpture, peinture) autour des thèmes de la trace et de la mémoire.

Le pari (gagnant) du solo show. Comme l’année dernière, Art Paris Art Fair fait la part belle aux solo show, chacun d’entre eux permettant une appréhension singulière de l’univers d’un artiste. Pas moins d’une vingtaine d’expositions personnelles sont ainsi à découvrir au fil des allées de la foire. Notons la mise en avant des splendides sculptures en papier de soie de Claudine Drai par la galerie 111, du travail fascinant alliant dessin, peinture et art numérique du Belge Antoine Roegiers chez Art Bärtschi & Cie, des toiles sensibles du Français Damien Cabanes sur le stand de la galerie Eric Dupont ou encore des joyeuses « Etapes » menées par Hervé di Rosa autour du monde depuis 1993 chez Art to Be gallery.

Antoine Roegiers
Le Baiser (d’après la Kermesse de Pierre Paul Rubens), Antoine Rogiers (Art Bärtschi & Cie), 2014.

 

Al-Azzawi
Les Poèmes suspendus, Dia Al-Azzawi (galerie Claude Lemand), 1978.

Faire le mur au Grand Palais. Mettant à profit l’architecture exceptionnelle des lieux, la foire inaugure cette année un nouveau rendez-vous destiné à présenter des œuvres historiques et rarement exposées, ou spécifiquement réalisées pour l’occasion. Les murs Nord et Sud de la vaste nef du Grand Palais deviennent ainsi les cimaises de la série des Femmes fatales (1987-1996) de l’Islandais Errò (galerie Ernst Hilger et Museum Angerlehner), des Poèmes suspendus (1978) – douze interprétations graphiques des sept odes préislamiques – de l’Irakien Dia Al-Azzawi (galerie Claude Lemand) et de L’Entre monde (2016), dessins en noir et blanc abordant la thématique du naufrage signés du Français Emmanuel Régent (galerie Caroline Smulders).

La Corée sous le prisme de la performance. « Rituals » est l’intitulé d’un programme de performances spécialement conçu pour l’édition 2016 d’Art Paris Art Fair qui mettent en scène quelques-uns des liens noués, en Corée, entre la création artistique et les rituels. Qu’ils prennent la forme de gestes exécutés avec précision, d’habitudes ou d’actions répétées – de façon consciente ou pas –, ils sont autant actes désintéressés et ressourçants, jouant au quotidien un rôle protecteur. Jeudi 31 mars à 19 h 15 et samedi 2 avril à 15 h, Yeesookyung présentera sur le stand F8 When I Become You (Quand je serai toi), une exploration du concept de symétrie inspirée de la pensée bouddhiste ; jeudi 31 mars, vendredi 1er et samedi 2 avril, à 17 h dans l’allée centrale de la foire, Young In Hong invitera le public à participer à Let Us Dance (Dansons), une flash mob imaginée en écho aux manifestations de 2008 à Séoul – due à la levée de l’embargo sur la viande bovine américaine –, qui virent pour la première fois participer de nombreuses adolescentes.

Kongo
Singapore with Love, Kongo, 2016.

Une partition de cristal. Une exposition spécifique met en lumière la longue tradition de collaboration initiée par la cristallerie Daum avec des artistes de tous horizons. En témoignent des créations réalisées avec deux figures du street art français que sont Cyril Phan, alias Kongo, et Jérôme Mesnager, ainsi qu’avec le plasticien béninois Romuald Hazoumè, le sculpteur mozambicain Gonçalo Mabunda et l’artiste français Alain Séchas.

Rêveries nocturnes en façade. A partir de jeudi, tous les soirs de 19 h à minuit, six créations numériques inédites s’empareront tour à tour de l’imposante façade du Grand Palais. Elles sont le fruit de l’imagination d’artistes venus d’Azerbaïdjan, de Corée, de France et de Suisse. L’occasion de découvrir Hypnagogia (photo d’ouverture), une exploration de cet état de transition qui caractérise le passage de la veille au sommeil signée Col.l.age + (Sho Jang & Min Kim) ou The Breath, du collectif azerbaïdjanais Hypnotica, qui donnera littéralement vie au célèbre bâtiment parisien. Dans le même esprit, Antoine Schmitt propose Façade Life, qui verra un corps lumineux, tout de pixels constitué et comme échappé d’un bestiaire fabuleux, s’emparer du devant du Grand Palais à la manière d’un fauve en cage.

Antoine Schmitt
Façade Life (simulation), Antoine Schmitt, 2016.
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