Jean-Claude Volot – Un drôle de locataire

Photo Abbaye d'Auberive

«  Une collection comme ça, soit vous la gardez pour vous et vous êtes un bel égoïste, soit vous la montrez et vous êtes considéré comme un beau mégalo  !  » Le ton est donné. Jean-Claude Volot ne se cache jamais derrière son petit doigt. Une image de dur à cuire certainement forgée sur les terrains de rugby qu’il fréquenta durant 27 ans  ! Collectionneur, chef d’entreprise, médiateur national des entreprises et président du conseil de l’Agence nationale pour la création d’entreprise, il est aussi le fondateur du centre d’art contemporain de l’Abbaye d’Auberive, où sont entreposées les pièces de sa collection. Portrait d’un «  Monsieur 100 000 volts  » qui ne peut dissimuler une sensibilité et un regard aiguisés sur la vie et sur l’art.

Des volets intérieurs obturent les fenêtres, l’immense pièce aux murs blancs et au parquet ancien est éclairée par des néons. En ce beau matin d’été, personne ne songe à la lumière du jour, ni même au soleil qui darde déjà ses rayons entre les arbres du parc de l’abbaye d’Auberive. De chaque côté de l’allée centrale, peintures, collages et dessins sont entreposés avec soin. Certaines toiles sont encore emballées de papier bulle, elles reviennent d’une exposition. Les œuvres n’attendent qu’un geste du maître des lieux pour montrer leur magnificence. L’œil aux aguets reconnaît dans un trait, une composition, des couleurs, la patte inimitable de Chaissac, Bettencourt, Pons, Deux, Bellmer, Saura, Music, Rebeyrolle, Rustin, Nitkowski, Witkin, Macréau, Combas, Maryan, Dado, Gillet ou encore Appel. De quoi faire tourner la tête. Au milieu de sa collection, Jean-Claude Volot est comme un poisson dans l’eau. Il plonge la main dans les rayonnages, déshabille des toiles, racontent des anecdotes, les moments de joie mais aussi ceux, plus difficiles, de sa vie de collectionneur. Il parle avec fougue d’un peintre, et puis, comme si les compliments versés au compte de l’un allaient desservir l’autre, il passe à une autre œuvre, une autre aventure. Au départ, il n’était question que de montrer les Dado, en hommage à l’artiste disparu quelques mois auparavant, mais, bien vite, le périmètre de découverte s’est élargi et la petite troupe rassemblée de boire les paroles de son hôte, trop heureux de partager ses enthousiasmes.

Un goût immodéré pour la musique

Jean-Claude Volot est né en Haute-Marne en 1949. «  Côté lorrain  », précise-t-il à dessein. Epinal, Metz  : la Lorraine est son pays, celui qu’il reconnaît en son âme. Elevé dans un milieu modeste, il est le seul fils d’une fratrie de huit enfants, élevée par une femme solide et affectueuse. Son père, est un homme juste et honnête mais également strict et autoritaire. Frappé par la tuberculose durant la Deuxième Guerre mondiale, il passe quelque temps au sanatorium et y côtoie des gens venus de différents milieux. Avec eux, il s’initie à la musique, à la littérature et se convainc de la nécessité de faire faire des études à ses enfants. Malgré le peu de moyens dont il dispose, il s’y astreint. Jean-Claude est envoyé en internat, à partir de la quatrième, dans une école professionnelle. Son père veut qu’il devienne ingénieur électricien. Mais la fée électricité se fait griller la priorité par une muse  : le jeune garçon se découvre un goût immodéré pour la musique. «  Dans un coin de l’établissement, nous avions à notre disposition une cinquantaine de 33 tours. J’allais tout le temps m’isoler pour les écouter. La moitié était consacrée à Brahms. Il y avait aussi du Chopin, du Beethoven et du Schubert.  » C’est au surveillant général, un petit bonhomme renfermé, qu’il incombe alors la charge de veiller sur ce patrimoine, dont Jean-Claude fait un usage effréné. «  A l’aune des saphirs et des disques que vous avez usés, vous avez été mon meilleur élève en musique  !  », affirme-t-il au dernier jour d’école. Toutes ces années à écouter Brahms en boucle ont fait de ce matheux, qui aime aussi la physique, le plus doué en français et en arts  !

En 1968, son bac en poche, c’est pourtant à l’école d’ingénieur qu’il s’inscrit. Pas question de briser le rêve d’un père, si sévère soit-il. Cinq ans plus tard, le jeune homme sort diplômé de l’Ecole nationale d’ingénieur de Metz et marié à une jeune fille du quartier où il a grandi. Ensemble, ils débarquent à Paris. Lui, entreprend de se spécialiser aux Arts et Métiers, sections «  polymères  » et «  plasturgie  », elle, donne des cours d’art ménager. Alors qu’il n’a pas encore terminé sa formation, Jean-Claude prend les rênes d’une petite entreprise de mécanique dont il engage la mutation vers le domaine des polymères haut de gamme. «  J’avais envie de ne dépendre que de moi, même si, par ailleurs, j’ai le sens du collectif.  » Une qualité certainement acquise sur les terrains de rugby  : un sport qu’il a pratiqué pendant 27 ans  ! Si son aventure entrepreneuriale débute à Clamart, elle se poursuit à Toulouse, en 1989, puis à Albi et, aujourd’hui, à Miami aux Etats-Unis, ainsi qu’à Zhuhai en Chine.

Une réussite qui a tout à voir avec sa collection d’œuvres d’art. «  Elle en est la base. Car, disons-le  : pour collectionner, il faut gagner de l’argent.  » Jean-Claude Volot n’est pas homme à arranger la réalité. Son indépendance lui permet d’avoir les coudées franches. Il exprime souvent tout haut ce que d’autres aiment à cacher. Pour cela, il est autant apprécié que décrié. «  J’ai donc gagné assez d’argent, assez rapidement, pour nous permettre d’acheter nos premières pièces. A l’époque, je n’avais pas l’idée de constituer une collection, je me disais que tant qu’à mettre une chose au mur autant qu’elle nous plaise, qu’elle nous ressemble.  » Et de poursuivre  : «  Certains achètent ce qui leur est conseillé, mais ne vivent pas bien avec leurs œuvres. Quand vous êtes sincère, celles que vous acquérez sont à votre image. Quand j’en ai eu une dizaine, j’ai remarqué que les amis qui me parlaient d’elles me parlaient de moi.  »«  C’est un long travail que d’adapter l’œil et l’esprit »

La première est signée Gen Paul. A l’époque, Jean-Claude Volot décide de suivre son ami André Goudard à une vente aux enchères à Versailles. Le médecin collectionneur lui inocule alors le virus. Ce premier achat, il l’a encore et ne le renie pas. «  Au début, on n’est forcément pas affûté. On peut faire des erreurs. C’est un long travail que d’adapter l’œil et l’esprit. Le plus terrible est de voir une œuvre s’affadir avec le temps, de se sentir de moins en moins en phase avec elle. De ce point de vue, les dix premières années sont risquées.  » Mais comment apprend-on ? «  Je suis un autodidacte dans ce domaine. Il y a quelque temps, un jeune représentant de l’establishment de l’art m’a lancé doctement  : “Mais, monsieur, vous n’avez pas le droit de parler d’expressionnisme contemporain”. Je lui ai répondu avoir tous les droits et lui, un seul, celui de se taire. Quand il aura trente ans de parcours, il pourra peut-être devenir aussi catégorique.  »

Pour Jean-Claude Volot, la culture artistique se construit au fil du temps, à force de volonté. Voir et voir encore. Chercher inlassablement. Former son regard est un travail de longue haleine. Tout part du sentiment. La réflexion vient ensuite. «  Parmi les collectionneurs, peu sont allés aussi loin que moi dans ces veines-là.  » Les artistes qu’il collectionne ont en commun la figure humaine. Une manière intime et saisissante de parler de l’homme et de son chemin. «  J’aime bien cette idée que l’on n’est collectionneur que d’une époque. C’est vrai. Pour moi, il s’agit des singuliers et des expressionnistes d’après-guerre, sur trois générations. Le plus ancien de ma collection est Chaissac, exception faite d’épreuves d’art brut qui datent de la fin du XIXe siècle et que j’ai eu le bonheur de récupérer, en provenance d’une brocante. Le plus jeune est probablement une femme, Cristine Guinamand.  »

 

Fred Deux, collection d'Auberive
Je Feu, Fred Deux, 1960

Mais comment passe-t-on d’œuvres individuellement acquises au fil des années à une collection constituée  ? «  La révélation a eu lieu il y a sept ans, quand j’ai vu l’ensemble des pièces exposé à l’abbaye. C’était la première fois qu’elles étaient réunies. Je n’avais pas vu certaines d’entre elles depuis 20 ans. J’ai réalisé qu’il s’agissait d’une sorte de puzzle avec des manques et des points faibles.  » Jean-Claude Volot décide alors d’écarter ces derniers (sans les vendre pour autant) et de les remplacer par des œuvres d’une qualité supérieure. «  L’échelle du meilleur est toujours une échelle personnelle  », éprouve-t-il le besoin de préciser. «  Il manquait, entre autres, Antonio Saura et Hans Bellmer. Je suis donc allé les chercher. Aujourd’hui, il faut compléter la sélection consacrée à Maryan.  » 

Une petite pause et il reprend de plus belle. «  Parfois je donne une conférence sur le thème suivant  : “Le collectionneur est-il un psychopathe  ?” S’il est vrai qu’il peut le devenir, il est avant tout très névrosé  ! De bonnes névroses… certes, qu’il soigne grâce à sa collection. Plus intéressé par la série que par la pièce elle-même, il en détourne le sens. S’inquiétant plus de la place qu’elle va occuper dans la collection que d’elle-même. L’objectif est de donner une unité à l’ensemble.  » Du coup, les achats sont moins nombreux, plus ciblés. Chaque artiste voit sa «  part  » augmenter. «  Je m’attache à avoir des œuvres de toutes les périodes. Le premier dont j’ai essayé de construire la vie est Nitkowski. Puis, je l’ai fait pour Macréau, Dado, Rebeyrolle, Rustin, pour Appel aussi. Si une période ne m’intéresse vraiment pas, je m’abstiens malgré tout, comme avec Gillet qui m’importe vraiment à partir de 1965.  »«  La galerie est une vraie alliée  »

Pour collectionner une œuvre, faut-il obligatoirement connaître l’artiste  ? « C’est un vrai sujet. Au début, je voulais absolument faire la connaissance du bonhomme, établir une connivence avec lui. C’est une lourde erreur. Je me suis noyé dans certaines relations. Les artistes ne sont pas différents de nous. Les fréquenter de près vous amène à connaître leurs travers et, parfois, cet aspect strictement humain jette injustement un discrédit sur l’œuvre. C’est là qu’interviennent les galeries. Leur rôle est souvent contesté, mais elles font tampon entre le collectionneur et l’artiste. Un tampon salutaire. Je le dis avec d’autant plus de force que je les ai moi-même shuntées à de nombreuses reprises. C’était une ânerie. La galerie est une vraie alliée. Elle sélectionne et fait gagner du temps. Il y a d’excellents galeristes qui voient très clair comme Margaron, Soulié, Ropac ou Perrotin. Chacun dans leur domaine.  »

Alors après l’acquisition de tant d’œuvres, la tentation de passer de l’autre côté de la barrière n’existe-t-elle pas  ? L’esprit d’entreprise qui anime Jean-Claude Volot ne lui a-t-il jamais insufflé l’envie de devenir marchand  ? «  Vous savez, j’aime le bon vin et la musique classique. Ce n’est pas pour autant que je vais devenir viticulteur ou compositeur  ! Il ne faut pas se tromper. On ne peut pas être bon partout. Je suis un jouisseur de l’art et cela me satisfait.  »

 

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Photo Sabrina Gruss
Dans la réserve, Jean-Claude Volot@et un ami s’activent

Dans les années 1980, le collectionneur parcourt les squats d’artistes. Le phénomène est en expansion. Pas une semaine qui ne voit un immeuble ou un autre investi par des peintres, sculpteurs ou autres plasticiens en mal d’espace. A cette époque, Jean-Claude Volot les aide. La vie s’écoule à cent à l’heure entre déménagements et emménagements successifs. «  J’étais très proche de la bande de René Strubel. C’était amusant, mais il arrive que l’on tente de se tromper soi-même. Même si nous nous ressemblions sur certains points, j’étais avant tout un chef d’entreprise.  » Très critique envers lui-même, le collectionneur finit pas se recentrer, mais avoue que la fréquentation des artistes permet de développer un surcroît de créativité. «  La plupart des gens évoluent toujours dans le cadre instauré par leur milieu social ou culturel. L’artiste, lui, va sans difficulté en sortir, inventer des solutions personnelles. Les avoir fréquentés m’a profité, cela m’a permis de développer une vision différente. Et par ailleurs, l’artiste ose souvent dire ce que beaucoup de gens ne diront jamais. Chez moi, leur compagnie n’a fait qu’accentuer cette qualité, ou défaut. C’est selon !  »

«  Un véritable mystère logé au fin fond de l’esprit, du cerveau humain  »

Trente ans de collection, c’est aussi trente années d’observation et d’interrogations liées à la création elle-même. «  Une grande question largement rebattue, mais qui demeure intéressante tant les réponses apportées ne restent toujours que des tentatives. Je me suis beaucoup interrogé sur la pratique des individus marginaux ou malades. Sur cette espèce de pureté de l’acte créatif chez des gens isolés ou aliénés. C’est un véritable mystère logé au fin fond de l’esprit, du cerveau humain. Observer l’ingéniosité qui peut exister chez des individus étiquetés fous pose les limites de l’acquis en matière artistique. Un acquis qui peut tuer l’inné chez certains.  » Et Jean-Claude Volot de partir sur un couplet qu’il affectionne particulièrement  : celui qui égratigne toute forme de tentative de canalisation de l’art. «  J’aime dire qu’un artiste créatif qui est sorti des Beaux-Arts de Paris est un miraculé  ! Parce qu’il est tellement bon qu’il a réussi à surpasser tout ce qu’on a pu lui apprendre comme conventions. Parmi ceux qui m’ont fasciné, il y a Chaissac. Je le prends toujours comme modèle parce qu’il est extraordinaire, mais il y a en plein d’autres. Des autodidactes qui ont travaillé tant et tant à développer leurs propres règles d’esthétisme, de narration, techniques aussi. Et ont parcouru des chemins non fréquentés par les autres, faisant ainsi progresser l’ensemble du monde artistique.  »

Ces artistes d’exception, Jean-Claude Volot les cherche partout. Profitant des nombreux voyages qu’il fait dans le cadre de ses activités professionnelles ou des missions qui lui sont confiées par l’Etat – il est actuellement médiateur national des entreprises et président du conseil de l’Agence nationale pour la création d’entreprise –, le collectionneur ne manque jamais une occasion d’être surpris. Asie, Afrique, Amérique, chaque continent recèle son lot de découvertes. Il faut parfois en voir mille pour qu’enfin un choc se produise. Ce fut le cas, au Brésil, face à l’œuvre de Bispo do Rosario visible dans un hôpital psychiatrique, situé dans la banlieue ouest de Rio. «  Il est mort depuis pas mal de temps. Paysan isolé, inculte, cet homme a créé des choses uniques. Sans aucune culture, il a développé jour après jour, avec opiniâtreté, des techniques et des modes d’expression, jusqu’à créer une distance entre leur matérialité et ce qu’ils représentent. Pour moi, c’est le summum de l’art. Il était habité par l’idée qu’il faut sauver le monde. Son œuvre est une espèce d’arche de Noé. Son obsession  : enregistrer tous les faits divers. Là, l’œuvre devient conceptuelle. Pour sauver l’humanité, il faut collecter ses petits et grands faits, qu’il va pomper dans les journaux et reproduire en broderies sur une robe à volants, par exemple. Sa créativité est exceptionnelle.  »

 

Jean Rustin, Collection d'Auberive
Vieille Femme@sur la banquette blanche, Jean Rustin, 1998

Pour Jean-Claude Volot l’immensité du domaine artistique est une chose fascinante. S’il a choisi de s’attacher à la présentation de l’homme, son intérêt n’est pas exclusif. «  L’art doit s’exprimer dans une sorte de foisonnement libre. Le contenir ou le guider est une aberration. Plus ça abonde et mieux c’est  ! J’adore être captivé, ne plus pouvoir bouger devant une œuvre. Que ce soit une installation, une vidéo ou autre. Un jour, j’étais en voyage culturel en Egypte et j’ai rencontré un guide très intéressant qui était aussi artiste. Il tendait des toiles sur des morceaux de PVC, puis les humidifiait. Une fois séchés, ces derniers prenaient des formes incroyables. C’était très évocateur. J’aime toutes les formes d’expression. Ce que je ne supporte pas, c’est l’intolérance, l’art officiel.  »

Selon lui, une erreur fondamentale a été commise en France  : la création d’un ministère de la Culture par André Malraux, suivie des années plus tard de celle des Frac par Jack Lang. Des initiatives, même sous-tendues de bons sentiments, qui n’ont fait qu’institutionnaliser le circuit de valorisation des artistes, créer de nombreuses disparités et fabriquer des carrières parfois sans relation, ou presque, avec la réalité d’une œuvre, son aptitude à convaincre et, au final, son poids marchand. Le statut de l’artiste en a été changé et la culture sacralisée au point d’être aujourd’hui brandie comme un talisman. «  La culture n’existe qu’en période économiquement prospère. Elle est une conséquence, non un acteur. Regardez l’histoire de l’humanité. Quand une ville, un pays ou une civilisation est grand, c’est que l’activité économique y est florissante. Il faut rester modeste. Les Américains ne parlent pas autant que nous de culture mais, proportionnellement au nombre d’habitants, ils possèdent plus de salles de concert, de danse, de spectacles et de cinéma, de bibliothèques, de lieux d’apprentissage de la musique… que nous. Et ce n’est pas moi qui le dit. Je l’ai lu dans Le Monde  !  »«  Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure  !  »

Ce sujet enclenché, difficile de faire lâcher prise à Jean-Claude Volot. Son argumentaire, il le peaufine depuis nombre d’années. Il a la dent dure contre l’hypocrisie, notamment celle qui consiste à mépriser l’argent. Comme si les créateurs vivaient de l’air du temps. Avec lui, le mythe de l’artiste maudit est foulé aux pieds. Un de ses plus âpres combats est de faire admettre qu’il y a un lien entre art et argent et qu’il ne faut en avoir ni peur, ni honte. Et comme disait son grand-père  : «  Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure  !  » A cette évocation, il sourit. La famille est une valeur importante. Aujourd’hui, son fils dirige le groupe qu’il a créé, sa fille mène la barque du centre d’art contemporain qu’il a installé à l’abbaye d’Auberive. Lui, consacre beaucoup de son temps à des missions publiques. «  Je suis grâce à Dieu, ou à l’Etat, tenu le plus souvent éloigné de la collection. Ça me procure l’oxygène dont j’ai besoin, me permet de ne pas me lasser. Quand certains décident de vendre toutes leurs pièces, je comprends. Je comprends cette envie de murs vides. La collection, elle vous prend. Vous pensez la posséder, mais c’est elle qui vous possède. Comme pour un monument historique, vous en êtes le locataire, jamais le propriétaire.  »

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