Kim Rebholz – Ballet chromatique

« C’est une musique de sauvage avec tout le confort moderne » lâche Kim Rebholz, l’œil sur l’une de ses toiles à la Nuance mauve, en reprenant le bon mot de Debussy à la première du Sacre du printemps d’Igor Stravinski. A la veille de son vernissage, les toiles de Kim Rebholz sont déjà accordées au diapason de la gamme de couleur. Fervent mélomane, le peintre est un autodidacte du ballet chromatique. Chorégraphe compulsif de la lumière, le peintre français « travaille sur la couleur seule » et en capte toutes les harmonies. De son atelier-moulin en Sologne, l’artiste de 37 ans compose une musique sérielle gorgée de teintes de vie. Avec des pigments altérés à sa baguette, le maestro arrange des partitions de peinture à l’huile aux consonances acryliques. Et pourtant, depuis dix ans, il pratique l’huile pour ne la dévoiler qu’aujourd’hui. Les treize toiles sur double châssis que Kim Rebholz présente à la galerie Artheme de la rive gauche ne sont que préludes à une quarantaine amorcées en parallèle. Après des sonates de pastel et de gouache, par les modulations du pinceau et de la spatule, il s’ouvre avec l’huile sur toile à la symphonie de la matière. Ainsi, il manie le contrepoint et superpose dans un écho visuel des tempos mats avec des tons lustrés. L’harmonie s’affiche physique. L’impact est féerique : un ensemble à la Béjart structuré, pour l’anatomie de la couleur, par Pina Bausch. C’est alors que les couleurs résine et les poudres d’or jouent à l’unisson du vermillon et du vert pâle. Ainsi fondues ensemble, les couleurs miroitent allegretto dans l’imaginaire du spectateur. On y rencontre, c’est selon, des danses de Chagall, les rondes de fleurs de Baudelaire avec des échappées de poèmes de Mallarmé. En synchronisant les figures de la lumière, Kim Rebholz se dénote par un solfège syncopé de couleurs profondes aux dissonances pertinentes, comme dans une suite de Stravinski.
Kim Rebholz
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