L’UndeREALisme à Perpignan – Attention les yeux !

Stéphane Pencréac'h

A cent mètres du centre du monde accueille, jusqu’au 29 septembre, treize artistes figuratifs qui ont décidé de s’exposer ensemble. Essentiellement consacrée à la peinture, cette manifestation est la quatrième étape d’une initiative lancée par Kosta Kulundzic, Stéphane Pencréac’h et Vuk Vidor en 2012, à Paris.

Ce n’est pas un mouvement. Il n’existe ni manifeste, ni règlement intérieur. Pas d’obligations, ni à l’entrée, ni à la sortie. L’«  UndeREALisme  » est une bannière derrière laquelle certains ont décidé de s’exposer. A l’origine de l’initiative  : Kosta Kulundzic, Stéphane Pencréac’h et Vuk Vidor. Trois amis, trois artistes figuratifs, qui se sentent créer en marge des tendances actuelles, reconnus individuellement mais sans suffisamment de moyens pour toucher un vaste public. Ils décident donc de passer de la discussion à l’action. Pour eux, il est temps de montrer au plus grand nombre ce qu’est l’art contemporain et notamment la peinture. Celle qui se revendique de la grande tradition picturale occidentale, qui s’invente dans le secret de l’atelier, étale le sang et la chair de son démiurge sur la toile. L’heure est à la démonstration collective. Ces peintres reconnus, dont les pièces sont achetées tant par des collectionneurs privés que par des institutions, ne revendiquent rien de plus que leur extrême liberté et leur volonté farouche de faire connaître collectivement leur travail. Une première exposition est présentée en février 2012 au Centre culturel de Serbie, à Paris. Le groupe s’élargit. Au fil des allées et venues, le phénomène prend de l’ampleur. Ils sont actuellement treize, accueillis à Perpignan par Vincent Madramany, le fondateur du lieu d’art A cent mètres du centre du monde. Là, à un jet de pierre de la gare rendue célèbre par Dali, Michel Gouéry (1959), John Isaacs (1968), Natasha Ivanova (1975), Oda Jaune (1979), Kosta Kulundzic (1972), Stéphane Pencréac’h (1970), Léopold Rabus (1977), Till Rabus (1975), Raphaëlle Ricol (1973), Marko Velk (1969), Vuk Vidor (1965) et Davor Vrankic (1965) démontrent qu’il n’est besoin ni d’un concept, ni d’un long discours pour accrocher des peintures ensemble. Bien qu’elles relèvent d’univers très distincts, aussi bien par la technique que par la forme ou le sujet, les œuvres présentées jouent la partition de leurs créateurs sans se gêner. Ici, pas de commissaire. Chaque pièce existe par elle-même, tout en appartenant à un libre ensemble. Au rez-de-chaussée, une vidéo installée dans un angle éclaire le visiteur sur l’«  UndeREALisme  ». Différents contributeurs y expriment leurs convictions. «  On partage une certaine idée de ce qu’est l’art, de ce qu’est la vie  », explique entre autres Stéphane Pencréac’h. La générosité dans la singularité s’impose. Le mythe de l’artiste misanthrope est foulé au pied.

Vuc Vidor
Newton 6, Vuc Vidor, 2013
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Natasha Ivanova
Game Room, Natasha Ivanova, 2008
Marko Velk
Spalato, Marko Velk, 2011

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