Kirili et Lopez-Huici à Caen – Saisissante intersection

Alain Kirili, Ariane Lopez-Huici, photo Laurent Lecat

Le Musée des Beaux-Arts de Caen accueille jusqu’au 11 mai les sculptures d’Alain Kirili et les photographies d’Ariane Lopez-Huici. Parcours croisés témoigne de deux chemins de création. Le couple qui, depuis la fin des années 1970, partage son existence entre Paris et New York, expose pour la première fois ensemble.

Plus que quelques jours pour profiter de la remarquable proposition du Musée des Beaux-Arts de Caen  : rassembler une sélection de sculptures d’Alain Kirili et de photographies d’Ariane Lopez-Huici. Complices dans la vie depuis 1976, les deux artistes donnent à voir des œuvres résolument différentes, mais qui s’harmonisent si naturellement qu’il est aisé d’imaginer qu’un souffle d’une même intensité et porté par de semblables convictions les a fait naître. «  La littérature, l’histoire, mais aussi la presse se focalisent volontiers sur des relations fougueuses, des passions scandaleuses ou tragiques. L’histoire retient moins l’aventure calme et féconde de couples harmonieux qui se soucient de respecter l’autre, abandonnent le jeu des rivalités et des querelles, pour laisser s’épanouir des parcours résolument personnels. Alain Kirili et Ariane Lopez-Huici sont, assurément, exemplaires de cette dernière catégorie. L’un comme l’autre, ils ont choisi, tôt, de vouer leur vie à l’art et à la création. Leur première exposition date, pour Alain, de 1972, et Ariane, de 1977. Leurs expositions suivantes sont très nombreuses, mais ont toujours eu lieu dans des endroits séparés, plus fréquemment à New York en ce qui concerne Ariane. Or, jamais aucune manifestation n’a rassemblé leurs travaux. Notre proposition inédite consiste à présenter simultanément leurs créations respectives en recherchant des croisements, des rapprochements, des connivences  », explique Patrick Ramade, commissaire de l’exposition. A Caen, chaque salle est un ravissement d’équilibre et de composition. La vidéo qui montre la photographe au travail vient éclairer sa personnalité et ses motivations. On perçoit la relation qu’elle établit avec ses modèles, sa manière si singulière de capturer des images comme autant de parcelles d’âme. Dommage qu’Alain Kirili ne se soit pas lui aussi prêté au jeu de la caméra. Il reste alors à se tourner vers le catalogue de l’exposition pour lire le dialogue entre les deux artistes dont voici une réplique extraite des propos du sculpteur  : «  Une exposition à deux, évidemment, c’est bien plus qu’un dialogue  : elle met en jeu le dit et le non-dit, le respect de l’espace de liberté de chacun dans la vie d’un couple. Aragon se risqua à une confidence en disant au sujet d’Elsa Triolet, en 1968, “Quarante ans de nous deux”…  »

Alain Kirili, Ariane Lopez-Huici, photo Laurent Lecat
Fils de fer suspendus (2012), au premier plan, et Holly et Valéria (1998), Alain Kirili, Ariane Lopez-Huici

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