Barrie Cooke à Paris – La quintessence d’une œuvre

Barrie Cooke

Le Centre culturel irlandais à Paris présente jusqu’au 15 mars une vingtaine d’œuvres signées Barrie Cooke. Grandes toiles, aquarelles intimistes et installations viennent illustrer différentes périodes du travail de l’artiste, des années 1960 à nos jours.

A deux pas du Panthéon, installé dans une petite rue calme, le Centre culturel irlandais accueille depuis le début du mois une sélection d’œuvres de Barrie Cooke, issues de la rétrospective consacrée l’an passé à l’artiste par l’Irish Museum of Modern Art à Dublin. Dans un vaste espace rectangulaire, l’institution présente un résumé de plus de cinquante ans d’une vie d’artiste. Au mur une douzaine de grandes toiles et quelques petites aquarelles encadrent trois installations de l’artiste.

Né en Angleterre en 1931, Barrie Cooke a grandi en Jamaïque et aux Bermudes, avant de passer son adolescence aux Etats-Unis et d’étudier l’histoire de l’art ainsi que la biologie à l’université de Harvard. Féru de peinture et de pêche, il s’installe en Irlande en 1954, profitant ainsi d’une nature propice à ses deux passions. Sa première exposition personnelle a lieu à Dublin l’année suivante. Disciple des expressionnistes, tels Soutine ou Kokoschka – dont il fut l’élève à la School of Seeing, à Salzbourg –, l’artiste devient une figure majeure de la peinture en Irlande, au point de représenter le pays à la biennale de Paris en 1963. Bien connu des institutions internationales, il expose dans toute l’Europe, aux Etats-Unis comme au Canada, et son travail entre dans de nombreuses collections particulières à travers le monde. Aujourd’hui âgé de 80 ans, le peintre vit et travaille sur les rives du Lough Arrow dans l’ouest de l’Irlande.L’ancienne légende irlandaise du Roi Sweeney

Grand voyageur, Barrie Cooke a séjourné notamment en Laponie, à Cuba, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, en Russie et, plus récemment, à Madère. Très tôt, il s’est intéressé à l’environnement, préoccupé depuis toujours par sa formation, sa transformation et sa dégradation. Si cette observation soutenue a pu faire surgir des inquiétudes, l’artiste avoue néanmoins être à la fois révolté et attiré par la beauté de certaines pollutions. Pêcheur invétéré, il est notamment sensible à celle de l’eau, magnifiquement et tragiquement illustrée par Lough Arrow Algae, Fish (2002), superbe peinture à l’huile présente à Paris. Sujet pour lequel il n’hésite pas à recourir à l’emploi de couleurs vives, explosives même.

Ancré dans une relation viscérale avec la nature, son travail est également profondément marqué par la poésie et par nombre de collaborations avec des amis poètes, tels John Montague, le prix Nobel de littérature Seamus Heaney ou Ted Hugues. Pour preuve ici, Elk meets Sweeney (1985-86), un diptyque qui entre en résonnance avec l’ancienne légende irlandaise du Roi Sweeney, traduite par Heaney en 1983. Si la peinture est le médium de prédilection de Barrie Cooke, ce dernier s’est lancé également dans l’expérimentation d’autres matériaux. En 1970, par exemple, son intérêt pour les os et les articulations l’a conduit à créer des boîtes en plexiglas, contenant des sculptures en argile peintes à l’acrylique et représentant des os. Une autre réflexion sur la nature.

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