Pascale Marthine Tayou à Bruxelles – Magie noire à Bozar

Pascale Marthine Tayou, photo Philippe de Gobert courtesy Bozar

Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueille actuellement Boomerang, une exposition conçue en collaboration avec les Serpentine Galleries de Londres et dédiée à l’œuvre foisonnante et colorée de Pascale Marthine Tayou. L’occasion de pénétrer un univers atypique et mystérieux, témoin de l’inlassable réflexion menée par l’artiste belgo-camerounais sur la façon dont se développe le concept d’identité, qu’elle soit nationale, géographique, financière ou émotionnelle à une époque placée sous le signe de la consommation de masse.

Dès l’entrée du Palais des Beaux-Arts, une immense installation faite de deux serpents qui s’enroulent pour finir par se mordre la queue nous accueille. Cette sculpture en textile de Pascale Marthine Tayou inaugure son exposition à voir jusqu’au 20 septembre, une explosion de formes et de propositions joyeuses et graves à la fois. Quoi de plus revigorant que cet art sans snobisme ni intellectualisme, vif, brut et joyeux ?

Se situant à la frontière entre action plastique simple et pure et dénonciations sociale et politique, Pascale Marthine Tayou – qui a féminisé son prénom en hommage à sa mère et aux femmes qui sont si peu visibles dans le monde de l’art – offre au visiteur une déambulation joyeuse, ludique, jouissive et pleine de sens. L’artiste mêle sans frein objets et formes traditionnels africains, matériaux récupérés ou industriels. Le titre de l’exposition, Boomerang, a été choisi pour expliquer ce va-et-vient entre cultures, époques, temps, matières, jeux et pensées.

«  Mon activité quotidienne est de faire des formes, de les placer dans l’espace et peut-être de transformer cet espace, expliquait-il à l’ouverture de l’exposition. J’aime voir ce qu’on ne peut pas voir, le situer dans un contexte d’ordre plastique. Mon exposition parle-t-elle  ? Si une exposition ne parle pas, ça ne vaut pas la peine.  »

Pascale Marthine Tayou est né au Cameroun en 1966. Il vit et travaille à Gand. Diplômé en droit de l’université de Yaoundé, déçu par les nombreuses injustices, il choisit d’exprimer ses idées et son engagement social par l’art. Autodidacte, il commence à créer au début des années 1990. Il a exposé notamment en solo au Fowler Museum UCLA de Los Angeles, au Kunsthaus de Bregenz, à Rome, au Luxembourg, à Lyon mais aussi à La Biennale de Venise en 2005 et 2009 et à la Documenta. L’exposition est coproduite par les Serpentine Galleries de Londres et a été présentée au printemps 2015 à la Serpentine Sackler. Marthine Tayou est un artiste nomade, il essaime ses propositions dans le monde entier, sans frontières. Ainsi, nous l’avions vu l’été passé à San Gimignano à la Galleria Continua et au Castello di Ama où il a créé un chemin coloré sur les pavés du hameau. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Pascale Marthine Tayou, photo Reads courtesy Serpentine Gallery
Coton Tige, Pascale Marthine Tayou, 2015

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