Artapestry – Un autre regard sur l’art de la lisse

Aino Kajaniemi (Finlande)

Après s’être déployée à Aalborg, au Danemark, puis à Bergen, en Norvège, la deuxième édition d’Artapestry a pris ses quartiers à Angers afin d’y dévoiler le dynamisme et l’inventivité qui animent aujourd’hui les acteurs de la tapisserie contemporaine. Initiée par le Forum européen de tapisserie, l’exposition présente quarante-quatre œuvres réalisées par une trentaine d’artistes liciers du continent et qui ont été sélectionnées parmi cent quatre-vingt-six travaux soumis à un jury d’experts.

«  Nous avons voulu valoriser et encourager la diversité, ainsi que la passion, l’humour, voire le grain de folie, et toujours l’alliance harmonieuse de l’idée et de l’exécution qui fait des merveilles dans l’art de la tapisserie.  » Voici résumée par l’un d’entre eux, en l’occurrence l’artiste britannique Fiona Mathison, le cheminement sélectif suivi par les jurés. Si aucun thème particulier ne fut par ailleurs imposé, deux contraintes devaient cependant être respectées  : l’obligation de tisser sur métier et celle de concevoir une œuvre de plus d’un mètre carré. Les instigateurs du projet comptaient ainsi favoriser le respect d’une certaine tradition tout en encourageant de nouvelles expériences quant aux thèmes abordés ou matières employées.

Soie, laine, lin et chanvre, raphia, coton, viscose et nylon, mais aussi poils de chèvre et fils d’ortie népalaise sont venus composer trames et chaînes, concrétiser et illustrer la réflexion figurative ou abstraite de chacun des artistes présents. Certains mènent un travail sur le portrait, la nature morte, le paysage, d’autres explorent les notions d’espace et d’architecture, ou bien se concentrent sur les liens rapprochant textile et tapisserie, perceptibles dans le vêtement ou au travers d’éléments décoratifs.

L’exposition itinérante, qui achèvera son parcours à Lulea, en Suède, offre un bel éclairage sur une discipline encore méconnue du grand public comme des acteurs de l’art contemporain.

Brita Been (Norvège)
Reconstruction, chaîne lin, trame laine (240 x 245 cm), Brita Been, 2006

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