Jean-Luc Parant – Le monde tourneboulé

Elles ont la forme d’une tête, d’une planète ou d’une étoile, sont un clin d’œil aux boules de neige, de sable, de gomme ou de glace de notre enfance. Leur rotondité exclut tout commencement, toute fin, à l’image de la quête existentielle et immémoriale qui, inlassablement, guide les pas de l’homme. Nées du travail de la cire ou de la terre, les boules de Jean-Luc Parant sont comme autant de fragments de sa pensée, élaborés avec constance et persévérance depuis plus de quarante ans. Alignées, rangées, empilées ou entassées, elles viennent illustrer l’ordre et le désordre, les lois rigoureuses comme le chaos du monde. Elles ne constituent cependant que l’une des composantes de l’œuvre de cet artiste prolifique, sculpteur de boules, mais également poète, auteur de textes et de dessins sur les yeux. « Les yeux touchent ce qui n’est pas touchable, ils touchent ce qui est trop loin pour être touché avec les mains. Ils touchent sans laisser d’empreintes, comme si leur toucher sur le monde faisait apparaître ce qu’ils voient et que les images dessinaient toujours les contours de nos yeux. »

La vue et le toucher, sens premiers, fondamentaux et vitaux, habitent depuis toujours le cœur de sa démarche et de sa réflexion. Maniant avec subtilité et virtuosité les langages des yeux, des mains, de la forme et du verbe, Jean-Luc Parant les pétrie, les marie et les entremêle jusqu’à ce qu’ils ne forment plus qu’un, un tout agencé en une grammaire à la fois singulière et universelle, armature d’une œuvre vivante et en perpétuel renouvellement. Patiemment, l’artiste poursuit ses investigations, cherche sa place d’homme, qui « ne sera jamais là où il faut qu’il soit pour être là (…). L’homme, rappelle-t-il, est de partout et de nulle part, il est en attente, il veille sur le ciel, sur tout ce qui pourrait arriver de l’infini, de l’obscurité et de la lumière. Ses yeux attendent un autre visible, ses mains un autre touchable. »

Jean-Luc Parant courtesy galerie José Martinez
Parantosaure, bois, cire et manuscrits, Jean-Luc Parant, 2009
Jean-Luc Parant courtesy galerie José Martinez
Les yeux à ressort, dessin, Jean-Luc Parant, 1962

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