JonOne à Montpellier – Une bouffée d’énergie

JonOne, photo Pierre Schwartz

Le Carré Saint-Anne, à Montpellier, organise pour la première fois une manifestation entièrement consacrée au street art et invite pour l’occasion JonOne. Installé à Paris, l’artiste d’origine américaine s’est notamment fait connaître du grand public par ses actions en faveur de la Fondation Abbé Pierre. L’exposition Above and Below présente 17 toiles récentes de celui qui se définit aujourd’hui comme un «  peintre graffiti expressionniste abstrait  ».

Né John Andrew Perello à New York, JonOne est arrivé à Paris en 1987, à 24 ans. Autodidacte, il a fait ses classes en bombant les trains et les murs du quartier qui l’a vu grandir  : Harlem. Peu à peu, il va passer du support urbain à la toile et développer ce qu’il appelle son «  freestyle  », une recherche qui associe mouvement et couleur. JonOne évoque d’ailleurs, comme source d’influence majeure, la vision d’une rame de métro graffée produisant des traînées de couleurs sous l’effet de la vitesse  : «  Une émotion qui sortait d’un tunnel  ». L’artiste ne cache pas son admiration pour Willem de Kooning, Jackson Pollock ou encore Joan Mitchell, ces pionniers qui lui ont permis de «  plonger en peinture  ». Ce style qui n’appartient qu’à lui a fait toute sa renommée.

C’est loin d’être un homme blasé qui se présente au Carré Sainte-Anne, à Montpellier, en ce jour de vernissage. JonOne arpente l’exposition à grandes enjambées, tout à la joie de voir ses œuvres exposées dans un tel écrin. «  Tout est frais, tout est neuf ici  », commente-t-il avant de prendre la pose devant le triptyque qu’il a créé in situ. Dix-sept toiles explosives habillent aujourd’hui les cimaises de l’espace d’art, dix-sept tableaux qui entrent en résonance avec la nef dépouillée de cette église désacralisée. «  J’inaugure une nouvelle période, explique l’artiste, une saturation différente.  » Le vide s’invite sur certaines toiles mais l’énergie reste la même, générée par le mouvement et les couleurs. Une énergie qui s’inscrit dans le corps de l’artiste. Ce boxeur amateur explique volontiers combien son travail est indissociable d’une relation physique avec la peinture. JonOne passe de toile en toile, évoquant ici un séjour à Hong-Kong et sa découverte de la calligraphie  : «  J’ai pu faire danser les pinceaux avec mes mains.  » Devant In Between, il se laisse aller à une confession déroutante  : «  Cette toile est pour mes enfants.  » A 52 ans, l’artiste peut dresser un premier bilan du chemin parcouru. «  Tout le monde veut gagner à la loterie du street art. Je ne renie pas la rue, mais j’évolue.  »

2015 restera sans doute une année particulière pour lui. JonOne a en effet reçu la Légion d’honneur le 19 février dernier, un petit mois après que sa toile Liberté, Egalité, Fraternité a rejoint le salon des Mariannes à l’Assemblée nationale. Et si le peintre a le soutien de nombreuses galeries, il n’avait pas encore bénéficié d’une exposition dans un lieu institutionnel. C’est chose faite. Au Carré Sainte-Anne, son œuvre est à sa place.

JonOne
In Between, acrylique sur toile (216 x 187 cm), JonOne, 2015

JonOne
Waves, acrylique sur toile (170 x 210 cm), JonOne, 2015
Un week-end avec JonOne

Ces samedi et dimanche 26 et 27 septembre, la ville de Montpellier organise plusieurs événements autour de JonOne. L’artiste sera en dédicace, le samedi, au Carré Sainte-Anne, de 14 h à 18 h. Une soirée reggae, avec pour invité d’honneur son ami le DJ Selecta K-ZA, débutera à 20 h. Dimanche 27, à 16 h, une conférence-débat autour de la place du street art dans le monde de l’art contemporain viendra clore le week-end, à la Panacée. Renseignements au 04 67 60 82 11 et sur www.montpellier.fr.

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