Jean-Yves Aurégan – Le paysage transfiguré

Jean-Yves Aurégan

« Beaucoup d’années de travail ont été nécessaires pour trouver mes moyens de mise en œuvre, et quand je parle de moyens de mise en œuvre, il s’agit d’être dans sa matière, d’être au plus proche de soi.* » Pour répondre au monde tel qu’il le voit et le sent, Jean-Yves Aurégan fait œuvre d’alchimiste : il prépare lui-même ses couleurs pour ensuite les mélanger à de la paille, de la terre, des cailloux, parfois à des objets d’atelier. Ses toiles nous livrent une épaisseur dense, une surface paradoxalement rugueuse et soyeuse, magnifiée de cataclysmes qui accrochent le regard. La matière garde la trace du geste, de l’engagement physique du peintre. Né en 1967, Jean-Yves Aurégan n’a pas été très heureux aux Beaux-Arts. Si l’heure n’est plus aux pinceaux, c’est pourtant en peinture qu’il entre, éperdument. En quête de son chant, l’artiste travaille différents thèmes : les Bœufs écorchés, les Médée, une série de portraits et d’autoportraits. Ses nombreux séjours à Auvers-sur-Oise, dans le sillage de Vincent Van Gogh, le conduisent sur la terre modeste d’une inspiration essentielle : paysages, champs de fleurs, vignes et chemins. Ces morceaux de nature exaltés, transfigurés par la puissance de sa main, prouvent que la peinture n’a de cesse de nous interpeller et de nous émouvoir.

* Extrait du catalogue Le chemin ocre-rouge paru aux éditions Les Intemporelles.

Jean-Yves Aurégan
Se dissoudre, Jean-Yves Aurégan, 2009

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