Vincent Bioulès à Paris – Carte blanche républicaine

Le Salon carré est un nouvel espace dédié à l’art contemporain situé au cœur de la galerie des Gobelins, dans le Ve arrondissement parisien. En parallèle à chaque grande exposition présentée par l’institution, un artiste sera désormais invité à venir y nouer un dialogue complice avec des éléments de son choix, prélevés au sein de la collection du Mobilier national. Vincent Bioulès en est le premier hôte.

Au centre de la pièce entièrement repeinte en bleu et d’une impressionnante hauteur de plafond, un large tapis dessiné par Etienne Hajdu (Le grand Cercle, 1988) sur lequel sont disposés quatre fauteuils et un canapé aux motifs conçus par Raoul Dufy. Au mur, deux portraits du XIXe siècle dont Vincent Bioulès s’est inspiré pour réaliser les cartons ici présentés et ayant servi à réaliser des tapisseries installées depuis février dernier dans l’escalier d’honneur de la Cour des Comptes. Une console accueille pour sa part plusieurs croquis et esquisses préparatoires du diptyque conçu en 2008, dans le cadre d’une commande publique initiée par Philippe Séguin – alors premier président –à l’occasion du bicentenaire de l’institution et du centenaire du Palais Cambon, son siège. L’un des panneaux évoque la Cour impériale et s’appuie sur la représentation d’un buste de Napoléon elle-même inspirée d’une œuvre de Christiaan Van Pool appartenant aux collections du Mobilier national. Le second carton illustre le thème de la Cour républicaine décliné à partir de la reproduction d’un buste de Marianne, placé devant un chêne parsemé de drapeaux et dominant les membres de la Cour rassemblés en grande tenue. Clin d’œil fait à l’époque par l’artiste à son commanditaire depuis disparu : les traits de l’un des personnages ressemblent étrangement à ceux de Philippe Séguin. C’est avec humour et poésie que Vincent Bioulès choisit de revisiter le thème de la portraiture comme les symboles du pouvoir. Il est le premier artiste à venir ainsi engager la conversation avec des éléments du patrimoine mis à sa disposition dans le Salon carré de la galerie des Gobelins.

«  L’idée est de proposer à l’invité de choisir ce qu’il veut dans le Mobilier national – fort de quelque 200 000 pièces – pour créer son propre espace d’intimité  », explique le commissaire de l’exposition Marc Bayard. Par ailleurs conseiller pour le développement scientifique et culturel au Mobilier national depuis septembre 2011, il est l’initiateur du principe de cette carte blanche  : «  Lorsque j’ai pris mes fonctions, ce petit salon était généralement fermé  », car il ne peut accueillir qu’un nombre limité de personnes à la fois. «  Il me semblait pourtant que ce lieu méritait davantage d’attention.  » D’où ce projet visant également à inscrire dans la durée l’art contemporain dans la programmation de la galerie des Gobelins, ce en parallèle des grandes expositions temporaires. Le lien entre Vincent Bioulès et Nicolas Poussin, actuellement à l’honneur des cimaises de l’institution  ? «  La continuité dans l’histoire de l’art que représente la commande publique  », répond Marc Bayard.

Yan Pei-Ming, invité d’automne

Yan Pei-Ming succèdera le 6 octobre prochain à Vincent Bioulès dans le Salon carré. L’artiste d’origine chinoise, et installé en France depuis 1982, doit proposer une relecture de l’un des thèmes du Nouveau Testament  : la crucifixion. Une installation qui viendra faire écho à l’exposition en cours, Poussin et Moïse : Histoires tissées, qui relate plusieurs scènes de la vie de Moïse tirées de l’Ancien Testament.

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