Ventes – L’art redonne des couleurs à la morosité

G. Uecker, Sotheby’s/ArtDigital Studio

Des records mondiaux malgré la crise

Preuve que la place parisienne a su attirer les acheteurs d’art contemporain malgré une conjoncture difficile, des records mondiaux ont été battus lors des ventes de décembre. La toile Sport de l’artiste suisse Peter Stampfli, datée de 1966, que se disputaient 15 acheteurs, s’est envolée à 122 000 euros, soit plus de douze fois son estimation (8 000-12 000 euros). «  C’est dix fois le meilleur prix obtenu par une œuvre de cet artiste  », souligne Artcurial qui organisait la vente. C’est à Sotheby’s que l’on doit le deuxième record mondial. Avec son Energetic bilds feld, adjugé pour 444 750 euros, l’artiste allemand Günther Uecker a passé un nouveau cap. Son huile sur toile marouflée sur panneau et clous, exécutée en 1965,  a été vendue bien au-delà du double de son estimation haute qui était fixée à 180 000 euros. En revanche, aucun artiste vivant n’a décroché d’enchère millionnaire. Seules deux œuvres ont été adjugées au-delà du million d’euros. Cantasso, un autoportrait de Jean-Michel Basquiat réalisé en 1982 a été vendu 1 406 000 euros chez Artcurial. Et Bouteilles, de Nicolas de Staël, adjugée pour 1 296 750 euros chez Sotheby’s. En deçà de l’estimation annoncée à 1 500 000 euros.

P. Stampfli, Artcurial
Sport, (196 x 132 cm), Peter Stampfli, 1966

L’année Soulages à Pompidou et dans les salles de ventes

Si Pierre Soulages est à l’honneur, jusqu’en mars, au Centre Georges Pompidou qui lui consacre une vaste rétrospective, ses œuvres ont également été les pièces maîtresses de plusieurs ventes parisiennes. Ses toiles se sont adjugées au-delà des prévisions. L’une d’elles se classant même en première place du Top Ten de la vente réalisée par Christie’s en décembre. Cette Peinture 97 x 130 cm, 15 août 1961, s’est adjugée pour 805 000 euros. Sotheby’s n’est pas en reste avec deux toiles également bien vendues  : Peinture 195 x 130 cm, 27 février 1954 à 888 750 euros et surtout Peinture 130 x 162 cm, 28 février 1970 à 720 000 euros, soit presque le double de son estimation comprise entre 300 et 400 000 euros.

P. Soulages
15 août 1961, (97 x 130 cm), Pierre Soulages

Déception pour les sculptures d’Ousmane Sow

Lors de leur exposition sur le pont des Arts à Paris en 1999, ces guerriers Masaï du Kenya, lutteurs de l’ethnie Nouba du sud Soudan ou encore Zoulous d’Afrique du Sud, avaient fait grand bruit. Cette présentation hors les murs avait permis à des millions de personnes d’accéder à un art souvent réservé aux initiés qui seuls osent pousser les portes des galeries. En décembre, le sculpteur sénégalais a mis dix de ces œuvres originales aux enchères chez Christie’s afin d’édifier un «  musée des grands hommes  » dans son pays. Si le Guerrier debout s’est classé dans le Top Ten de la vente avec 121 000 euros, la sculpture n’a pas atteint la fourchette haute de son estimation (150 000 euros). Et huit œuvres sont demeurées invendues.

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