VRLAB – En orbite

VRLAB

ArtsHebdo|Médias est heureux de vous annoncer la naissance du VRLAB, projet dont il est partenaire média. A l’initiative de David Guez, ce laboratoire est exclusivement consacré à la réalité virtuelle utilisée dans le domaine de l’art. Outil de veille technologique, le VRLAB organisera régulièrement des événements sur le sujet et sera une véritable courroie de transmission entre artistes, structures scientifiques, universitaires, centres d’art et entreprises.

«  La réalité virtuelle offre une nouvelle perspective. C’est une opportunité aussi importante pour les artistes que l’arrivée du Web il y a 20 ans  !  » David Guez est enthousiaste. Tel le découvreur d’un nouveau continent, il n’a de cesse d’en informer qui voudra bien l’écouter. Cette conviction est à l’origine du VRLAB, un laboratoire dont l’objectif est de fédérer les énergies autour de la question de l’art et de la réalité virtuelle. A l’heure du lancement, l’artiste est entouré de dix autres aventuriers, près à mettre en commun leurs connaissances et à porter la bonne parole  : Balthazar Auxietre, Nicolas Barrial, Jérémie Bordas, Annick Bureaud, Aurélien Fache, Nicolas Gans, Ariel Kyrou, Grégoire Lauvin, Franck Mathias et Clara-Doïna Schmelck. Ensemble, ils exploreront ce nouvel espace de création et pour certains d’entre eux feront naître des projets artistiques fondés sur l’utilisation de la réalité virtuelle, non comme une énième technologie nouvelle mais comme l’accès à un autre monde.

Voici l’explication livrée par David Guez  : «  Ces nouvelles interfaces qui proposent la vision augmentée correspondent, d’un point de vue esthétique, à un changement de paradigme quant à la notion de perspective. En testant les Google Glass et le casque de réalité virtuelle Oculus Rift, la première image qui m’est venue a été celle de La Cité idéale (1477) de Francesco di Giorgio Martini, qui illustre si bien la découverte de la perspective en peinture. Je pense réellement que nous sommes à une époque technologiquement prête pour modifier complètement notre “regard” sur cette notion. La question pourrait presque se résumer ainsi  : Que se passerait-il si notre vision se retrouvait dans des contextes où la réalité est parfaitement copiée, où des interfaces et capteurs nous font ressentir les mêmes sensations que dans le réel, et si notre cerveau était complètement leurré par ces images ? Nous pourrions presque parler d’une perspective 4D, où la dimension supplémentaire serait éventuellement celle de l’immersion complète dans la 3D – pour suivre notre exemple du tableau de Giorgio Martini, nous pourrions dire que nous serions alors “dans le tableau”, devant la cité idéale, à Urbino. Evidemment, il ne s’agit pas de faire un simple copier-coller théorique entre perspective classique 3D et perspective augmentée, mais d’interroger cette nouvelle image et notre rapport à elle, ainsi que les passages esthétiques et sensibles entre “le corps virtuel/abstrait” et “le corps réel/physique”. Ces questions, ajoutées à celles concernant les interfaces de captation et la notion d’interactivité homme/machine, ne sont évidemment pas nouvelles dans le champ de l’art mais ce qui change aujourd’hui, c’est la conjonction possible entre une technologique à maturité et un phénomène de masse qui pourrait naître de la démocratisation imminente des casques VR. Pour résumer, nous pourrions dire que le casque VR va devenir la prochaine interface grand public qui va relier les différents espaces que nous connaissons et donc offrir une réelle “nouvelle vision du monde”.  »

Vous savez tout ou presque du positionnement théorique du VRLAB, reste maintenant à découvrir trois des projets qui s’y développent dès à présent. Pour le reste, rendez-vous à la Gaîté lyrique ce vendredi 28 novembre et sur le site du VRLAB.

VRLAB
Projet Agence de voyage temporelle « 11 »

Hyper White Cube (HWC)  : ce projet reprend le principe du White Cube et met en place un espace d’exposition en expansion. Il se propose d’installer dans un lieu d’art un espace dédié à l’expérience – une cabine (2,5 m x 2,5 m x 2,5 m) par exemple – à l’intérieur duquel se trouve un casque de réalité virtuelle qui permet au visiteur de se projeter dans l’Hyper White Cube et de découvrir le double virtuel du lieu réel dans lequel il se trouve. De dimensions nettement supérieures à son modèle, ce dernier propose une programmation artistique décidée par le responsable du lieu physique  ; au centre de l’espace virtuel, un deuxième cube plus petit sert de porte d’entrée à un troisième cube 3D et ainsi de suite selon le principe de l’hypercube. Tous les espaces d’exposition virtuels sont donc reliés entre eux et le visiteur a accès à l’ensemble des propositions artistiques à partir d’un même endroit.

VRLAB
Projet Levitation – Laboratoire des dons

Agence de voyage temporelle «  11  »  : ce projet va proposer la visite de moments importants de l’histoire en temps réel, via des univers virtuels très réalistes. Le premier voyage emmènera le voyageur à New York le 11 septembre 2001, une heure avant la tragédie du World Trade Center. Il pourra se promener dans la ville et changer de point de vue, mais en aucun cas influencer le déroulement des événements. L’objectif à terme est que chaque jour, à la même heure, les voyageurs puissent revivre un épisode de l’histoire de l’humanité.

VRLAB
Projet Newton

Levitation – Laboratoire des dons  : ce projet est un dispositif artistique expérimental, visant à modifier certaines capacités cognitives et sensorielles humaines en immergeant les spectateurs dans un espace en 3D virtuel hyperréaliste, où ils pourront s’entraîner à léviter. Muni d’un casque VR, un casque neuronal et un scanner 3D, le spectateur va se retrouver dans un monde en 3D, reconstituant l’espace réel dans lequel il se trouve, et se verra proposer des exercices de concentration lui permettant de faire léviter « son avatar ». Le postulat veut qu’à force d’entraînement, il va créer et/ou modifier certains schémas neuronaux de son cerveau pour, qu’à terme, il puisse léviter dans le monde réel.

GALERIE

Crédits photos