Du dessin, point à la ligne !

Support de la pensée, expression singulière du projet d’un artiste, le dessin est reconnu comme le substrat de toutes les techniques et pratiques esthétiques. Acceptée et revendiquée comme discipline artistique à part entière depuis la Renaissance, cette discipline suscite un regain d’intérêt de la part du public qui voit se succéder des salons et des expositions qui lui sont consacrés. Point à la ligne est sans doute l’une des manifestations les plus abouties en la matière grâce à la diversité des propositions et des médiums qui y sont montrés. Coorganisée et présentée simultanément par les galeries Martagon et Annie Lagier, l’exposition réunit 15 artistes venus de tous horizons sous la houlette de l’association Château Servières à Marseille. Le trait de Danièle Orcier, réalisé à la mine de plomb, s’enroule, s’emballe et se dilate, livrant le cheminement échevelé de cercles concentriques qui bientôt s’enfuient en tornade.

Martin Caminiti

Les gribouillages compulsifs et saturés de Frédéric Guinot, réalisés au stylo-bille, dévoilent des silhouettes échappées d’un enchevêtrement de lignes qui évoquent la complexité de l’être et des choses. Michel Barjol, quant à lui, prend son envol pour une vision aérienne et topographique du paysage où s’inscrivent les traces d’une genèse à la fois géologique et humaine. Arpentant les montagnes, du moins celles qui l’entourent à Malaucène dans le Vaucluse, il établit un relevé précis des reliefs, des fissures, des crevasses et des zones façonnées par l’homme pour les inscrire sur le papier. A l’aide d’un bout de bois taillé en pointe et trempé dans l’encre, l’artiste procède point par point jusqu’à emprisonner la lumière qui fera jaillir le détail. Martin Caminiti, dont les sculptures semblent matérialiser le trait, abandonne, sans doute de façon temporaire, ses roues de vélo et ses cannes à pêche pour des cordes de piano. Les extrémités prenant appui sur le mur, elles se courbent sous la tension quittant la planéité de la surface pour investir l’espace et projeter leurs ombres sur le mur voisin faisant naître ainsi de nouvelles images. Composée de faisceaux lumineux projetés à même l’architecture du lieu, l’installation d’Anne Marie Pêcheur plonge le spectateur dans un univers féerique et coloré dont les formes s’inspirent du monde végétal. Sont également présents sur ce parcours enchanteur Curt Asker, Isa Barbier, Christine Crozat, René Guiffrey, Michel Houssin, Lina Jabbour, Isabelle Jarousse, Guy le Meaux, Didier Petit et Mâkhi Xenakis.

Michel Barjol

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