A la Fondation Louis Vuitton – Quand la musique est bonne…

Douglas Gordon, photo Mike Bruce - Studio lost but found - ADAGP, courtesy galerie Gagosian et Amadeus Chamber Orchestra

Le 2 juin dernier, la Fondation Louis Vuitton a fêté ses sept mois avec un troisième accrochage inaugural ayant pour thème « Pop et Musique ». De Douglas Gordon à Philippe Parreno, en passant par Marina Abramovic et Gilbert & George, les œuvres de vingt-six artistes internationaux témoignent de leur intérêt pour un quotidien urbain dominé par la médiatisation et la consommation de masse. En route pour un aperçu de cette exposition aux accents résolument popistes qui doit être complétée par d’autres pièces en rez-de-jardin à compter de ce samedi 25 juillet.

Dès le hall, levez les yeux ! L’installation Speech Bubbles du plasticien Philippe Parreno surprend. Une centaine de ballons noirs en forme de phylactères de bande dessinée habitent le plafond, dégageant une atmosphère intrigante. Ces « bulles » symbolisent l’expression singulière de chacun des artistes présents dans l’institution. Rassemblées en une conversation silencieuse, mais efficace. Dans la première salle, le monumental triptyque Class War, Militant, Gateway des artistes Gilbert & George s’impose. A travers cet assemblage photographique à l’esthétique proche du vitrail, le duo met en lumière la difficulté d’une jeunesse à intégrer la société. Cette fresque dévoile un parcours semé d’embûches vers la liberté : de l’appartenance à une communauté jusqu’à son indépendance et l’affirmation de son individualité. Richard Prince, quant à lui, continue d’observer la société américaine à travers la publicité qu’il détourne à volonté. Avec The blue Cowboys, il nous emmène sur les routes de l’Ouest américain à travers les publicités de Marlboro et en profite pour dénoncer les contradictions de l’Amérique des années 2000. A l’étage, Crossfire de Christian Marclay nous plonge dans l’angoisse. Les séquences de tir se répondent en un collage visuel et sonore totalement hypnotique. Le visiteur entouré de quatre écrans, projetant des extraits de films hollywoodiens tels que Pulp Fiction ou encore Terminator, est immergé durant plus de huit minutes au cœur d’une réflexion sur la violence et la fascination pour les armes à feu. Saisissant. Un peu plus loin, est réunie une sélection d’œuvres de Bertrand Lavier, dont le travail, dans l’esprit du Pop Art et du Nouveau Réalisme, brouille les codes et les catégories entre art et quotidien. Comme le prouve Bocca/Zanker : cette association d’un congélateur et du fameux canapé réalisé par Studio 65, d’après celui de Dali célébrant les lèvres de Mae West, explore le dispositif de la sculpture posée sur un socle sans pour autant gommer l’esthétisme et la symbolique propre à chaque objet. Le rouge du canapé évoque ici une sensualité chaude qui contraste avec l’austérité blanche et froide du congélateur. La seconde partie de l’accrochage prend forme à travers des dispositifs où musique et son deviennent de véritables éléments constitutifs de l’œuvre. Avec K.364, l’artiste britannique Douglas Gordon retrace le voyage vers la Pologne de deux musiciens israéliens interprétant la symphonie concertante du même nom, écrite par Mozart, au sein du Philharmonique de Varsovie. Composée d’une double projection reflétée elle-même dans des miroirs, l’œuvre offre une vision fragmentée et complexe née de l’apparition de la piscine de Poznan – une ancienne – et des souvenirs encore vifs des familles ayant subi la déportation. Le lyrisme musical mozartien se mêle à cette mémoire de l’histoire occultée ; la musique emportant tout, transcendant sentiments, mais aussi témoignages du passé. Après l’obscurité, l’appel du transat ! Installez-vous et laissez-vous bercer au son des métronomes ! La pionnière de l’art corporel, Marina Abramovic, invite à la méditation loin des turbulences du quotidien, à la recherche d’un contact avec les énergies cosmiques. L’artiste renouvelle à travers Rejuvenator of The Astral Balance son intérêt pour les postures élémentaires du corps et la présence physique du son. Une œuvre à expérimenter sans modération !

GALERIE

slider
Pas d'images trouvées
Contact
Crédits photos