Victor Man à Rome – L’art du basculement

Victor Man

La Villa Médicis, à Rome, présente tout l’été les toiles les plus récentes de Victor Man. In un altro aprile est la troisième et dernière étape d’une série d’expositions consacrée au thème de l’Académie. Après Patrizio Di Massimo et Danh Vo, c’est donc au tour de l’artiste roumain de présenter son exploration de l’histoire de l’art et de la peinture. Références littéraires ou picturales, mémoire collective et expériences personnelles sont les éléments avec lesquels il tisse un récit où les frontières entre présent et passé, fiction, imagination et réalité s’effacent sous l’acuité du regard. Un travail qui, savamment, cultive l’ambiguïté  : homme ou femme, humain ou animal, organique ou artificiel, visage ou masque… Rien n’est jamais évident. « J’évite de donner un statut définitif à mes œuvres. J’aime l’idée de pénétrer doucement les choses et de conserver une certaine distance. Si ces dernières deviennent trop explicites, j’ajoute un autre élément qui en perturbe la cohérence », affirmait ainsi le peintre lors de son exposition au Mudam Luxembourg l’année dernière. Au-delà de la représentation, l’atmosphère des toiles est, elle aussi, incertaine, voire énigmatique. Difficile de déterminer avec assurance ce qui se joue à l’intérieur du cadre. La violence confine avec la tendresse, le plaisir avec la douleur, la tentation avec la rédemption. Victor Man cultive l’art du basculement. Comme dans une nouvelle de Barbey d’Aurevilly, la tension monte à mesure que les détails passent en douceur de l’ordinaire au fantastique. En plus des peintures, In un altro aprile présente quelques installations inédites, réalisées au cours d’une résidence de deux mois à la Villa Médicis. Une occasion supplémentaire de perdre le fil et de s’inventer des histoires. Présentées ensemble, les diverses œuvres s’interrogent, se répondent et jouent comme une symphonie unique, étrange et extraordinaire. Pour l’artiste, ses expositions se doivent d’être des «  zones de turbulences  ». Et les passagers de se faire heureusement secouer.

Victor Man
Untitled, Victor Man, 2012

GALERIE

Contact
Crédits photos