Alex Angi – L’or multicolore du plastique

Après l’Age du fer, Alex Angi proclame l’Age du plastique ! Membre du Cracking Art Group – pour le nom du procédé qui transforme le pétrole en plastique, créé en 1983 – l’artiste, qui vit en Italie depuis 16 ans, expose en solo pour la première fois à la galerie parisienne Magda Danysz. Installé dans une usine de fabrication de plastique, le créateur français reconditionne au pied des machines les chutes de plastique délaissées par la production industrielle. Adepte d’un recyclage qui ne soit pas réducteur de la création, le plasticien français dévoie les polymères inorganiques et les transforme en plantes vernaculaires à tentacules multicolores : jaunes, mauves, orange, verts. Sous le feu des secondes, il crée ses formes avant que la température ambiante ne solidifie le tout. Sortant de mélasses nucléides, ces lianes synthétiques épousent l’architecture de la galerie en donnant l’impression d’un bubble gum vivant, métamorphe et ludique. Rampantes, jaillissantes ou en étoiles cellulaires, les œuvres d’Alex Angi investissent l’espace. Outre la plastique du plastique, l’essence chimique de la matière choisie par l’artiste interpelle face à la prestance naturelle des sujets : le cycle biologique s’identifie au recyclage du synthétique. Marchant dans les pas de l’Arte Povera, pour la démarche, et du pop art, pour les couleurs, Alex Angi suggère les futures déviances de la planète. Les sculptures Nanoplast de l’artiste grossissent jusqu’à l’extrême de faux multiples génétiques. Ses fleurs Slurp, aux pétales carnivores, déroulent des langues chatoyantes comme autant de dégénérescences mutantes. Manifestement, le plastique acidulé de l’artiste n’a pas que des desseins récréatifs.
Alex Angi , courtesy galerie Magda Danysz
Installation, Alex Angi

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