Festival a-part – Sous le soleil des Alpilles

Créé il y a seulement trois ans, le festival a-part fait aujourd’hui figure de rendez-vous phare de l’art contemporain en Provence. Il réunit 77 créateurs venus investir – pour beaucoup avec des créations in situ – neuf communes du massif enchanteur des Alpilles : les Baux-de-Provence, Eygalières, Fontvieille, Maussane-les-Alpilles, le Paradou, Mouriès, Saint-Etienne-du-Grès, Saint-Rémy-de-Provence et Tarascon, chacune hôtesse d’une manifestation à la thématique singulière. Une belle occasion d’allier promenade bucolique et découverte artistique.

Saint-Rémy-de-Provence s’érige pour la première fois en capitale du Street art, les Baux-de-Provence se font, pour leur part, l’écrin de la céramique contemporaine, tandis que Tarascon reçoit des artistes mexicains du Yucatan. Plusieurs lieux accueillent Emergence 2012, série d’expositions personnelles – les premières en France – de jeunes artistes internationaux, comme les débats des Discussions animées. A-part se distingue autant par l’éclectisme des disciplines représentées que par les formes d’exploration proposées. L’accès aux différents événements est totalement gratuit et s’adresse à tous  : petits et grands, amateurs éclairés ou simples curieux. Par ailleurs, le principe fondateur du festival est de présenter non seulement des œuvres, mais aussi leurs auteurs, tenus de faire le déplacement pour offrir au public l’occasion unique d’échanger avec eux. «  Il ne s’agit pas d’expositions, mais de présences, d’implications  », aime à préciser Leïla G. Voight, initiatrice de la manifestation et, pour cette édition 2012, plus particulièrement responsable de Grands et petits véhicules, tout à la fois invitation au voyage spirituel – d’aucuns auront entendu la référence première au bouddhisme : Mah?y?na « grand véhicule », H?nay?na « petit véhicule », deux accès philosophiques menant à la même voie – et plongée au cœur de l’imaginaire des artistes. «  Le quidam, quant à lui, pense le véhicule comme un moyen de transport. Et sur les routes de la création, l’art nous transporte, nous mène jusque des rêveries qui confinent à l’inaccessible  », énonce encore la commissaire.

Une quinzaine de plasticiens interviennent dans cette section, leurs œuvres jalonnant, au départ de Saint-Rémy-de-Provence, une boucle dessinée sur près de soixante kilomètres à travers les Alpilles. Parmi elles, la carcasse de Coccinelle renversée et comme criblée de balles (Pas ce soir) d’Étienne Bossut, la Kangoo abritant les singuliers «  herbiers  » conteurs d’histoires à tiroirs d’Hélène Barbe, ou encore le Petit véhicule de guerre de Ricardo Burt-Riley, vieille carriole entourée de tas de pierres évoquant la manière dont les Allemands avaient voulu, dès 1942, empêcher d’éventuels atterrissages d’avions alliés en parsemant la plaine de la Crau d’amas de galets.

Etienne Bossut, courtesy galerie Chez Valentin
Pas ce soir, Etienne Bossut
A découvrir aussi le bolide insolite, sculpté à même le tronc, de Marc Nucera, qui livre ici un nouvel hymne poétique à la nature, ou encore l’une des boules de Jean-Luc Parant, affairée à tenter d’avaler… une bicyclette  ! ORLAN réactive, quant à elle, Drive-in : ORLAN remix, une installation vidéo créée en 2009, constituée notamment d’une limousine gonflable aux vitres arborant les losanges colorés d’un manteau d’Arlequin, symboles des combinaisons multiples du devenir du monde.

Tout au long des quatre semaines que dure le festival, chaque jour fait l’objet d’un événement particulier  : vernissage, finissage, pique-nique sur un lieu d’exposition, discussion autour d’une œuvre, etc. Hier se déroulait une «  procession artistique  » d’un lieu à l’autre du festival, impliquant bien sûr plusieurs «  véhicules  » susnommés et à laquelle chacun était invité à participer à bord d’un «  curieux, ou élégant, ou petit, ou grand véhicule  » de son choix. Ce lundi 23 juillet se déroule l’inauguration, dans le cadre de la section intitulée In or Out, de l’exposition consacrée aux travaux de Carolyn Jordan, Anne Olofsson et Joël Audebert à la chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié.

Il reste dix jours pour savourer la riche programmation d’a-part. Le 31 juillet, jour de clôture, se déroulera la dernière des cinq Nuits a-part ayant ponctué le festival. Elle se tiendra aux carrières de Lumières, aux Baux-de-Provence, sous la houlette de la plasticienne Roseline Delacour qui, à travers 70 projections déployées sur les 6 000 m2 de cet endroit exceptionnel, entraînera le public au cœur de son univers fascinant, où réalité et songe ne font plus qu’un.

Anne Olofsson
Pavot Blanc, serre d’Auteuil, Anne Olofsson, 2011

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