Olafur Eliasson à Paris – Réflexion, action

La Fondation Louis Vuitton, ouverte au public depuis la fin octobre, propose actuellement Contact, une exposition d’Olafur Eliasson. Dans ce bâtiment aux allures de vaisseau spatial, l’artiste danois invite à se connecter à l’univers. Peu de pièces, mais un voyage extraordinaire.

L’adresse est une promesse. L’architecture, une vision saisissante. Le choix de l’artiste, une évidence. La Fondation Louis Vuitton accueille actuellement Contact d’Olafur Eliasson. Avant de s’immerger dans une suite de salles plongées dans l’obscurité, le visiteur est invité à toucher un morceau de météorite. Ce contact initial le relie au cosmos, le projette dans une dimension inhabituelle. Celle du phénomène et de la sensation. « Mon exposition examine le seuil de nos perceptions et de notre savoir, de notre imagination et de nos attentes. Elle interroge l’horizon qui sépare, chez chacun d’entre nous, le connu de l’inconnu. » A l’instar d’un explorateur, chaque «  voyageur  » avance, tout disposé à être surpris, emporté, interrogé et émerveillé. Les uns s’amusent à comprendre les mécanismes de l’illusion, les autres se laissent hypnotiser par la lumière «  sculptée  » à l’envi. A pas feutrés, tous foulent aux pieds une terre inconnue et familière à la fois. Olafur Eliasson sonde «  les relations qui unissent les perceptions du moi, de l’espace et de l’univers. » Interviewé par Laurence Bossé et Hans Ulrich Obrist, les commissaires de l’exposition, il explique  : «  Penser chaque chose comme étant connectée à tout le reste nous offre la possibilité de reconsidérer le système dans lequel nous vivons, un système qui favorise sinon des principes extrêmement individualistes et consuméristes.  » Le plasticien déploie tout un arsenal d’idées sur la connexion et l’interdépendance qu’il souhaite voir se muer en actions. «  De la même façon, pour faire de l’art, il faut réussir à transformer la réflexion en réalisation.  » Cette volonté de passer sans cesse de la sphère de la pensée à une production concrète se retrouve aussi dans les passerelles qu’il jette entre son travail artistique et la vie du monde. En voici un exemple. Lancée en 2012 à la Tate Modern et développée en collaboration avec l’ingénieur Frederik Ottesen, Little Sun est à la fois une petite lampe solaire et un projet visant à fournir une énergie propre et économiquement abordable aux personnes qui n’ont pas accès à l’électricité, dont le nombre est aujourd’hui estimé à 1,2 milliard. Cette lampe LED à énergie solaire est désormais commercialisée un peu partout dans le monde. Le produit de sa vente «  ici  » permet de la proposer à un prix réduit «  là-bas  ». Aujourd’hui, plus de 100 000 lampes Little Sun ont été écoulées dans des zones dépourvues d’électricité. Si le chemin est escarpé et l’objectif ambitieux, Olafur Eliasson, lui, n’est ni découragé, ni impressionné par la difficulté car l’essentiel demeure toujours la pierre apportée à l’édifice. Et ce dans n’importe quelle circonstance. Il serait beaucoup plus enrichissant de convaincre les gens que, lorsqu’ils entrent dans un musée, ils le font non seulement pour prendre mais aussi pour donner, explique-t-il en substance avant d’ajouter : «  Et nous, artistes et institutions, devrions en retirer quelque chose.  » Tout avec lui est histoire d’échange et de partage. CQFD.

Olafur Eliasson, photo Iwan Baan
Contact, Olafur Eliasson, 2014
Olafur Eliasson, photo Iwan Baan
Bridge from the future (détail), Olafur Eliasson, 2014
Olafur Eliasson, photo Iwan Baan
Big Bang Fountain, Olafur Eliasson, 2014
Olafur Eliasson, photo Iwan Baan
Map for unthought thoughts, Olafur Eliasson, 2014

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