Art Elysées 2014 – Une foire haute en couleurs !

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Fiac, Slick, Show Off, Outsider Art Fair, Yia, voici donc débutée une très riche semaine parisienne pour les amateurs d’art. Du rond-point des Champs-Elysées à la place de la Concorde, plus de soixante galeries participent à la huitième édition d’Art Elysées. Parallèlement à son «  positionnement fort en art moderne  », la foire offre également une belle programmation en art contemporain, allant de la photographie à l’art aborigène en passant par l’abstraction géométrique et la nouvelle figuration. Le public est aussi invité à (re)découvrir l’art optique à travers la Chromosaturation, une expérience proposée par l’artiste vénézuélien Carlos Cruz Diez qui bouscule la rétine du visiteur en le plongeant dans l’ambiance artificielle et monochrome de trois chambres respectivement rouge, verte et bleue. Autour de cette étonnante exposition présentée en partenariat avec le Centre d’art contemporain Frank Popper – installé à Marcigny en Saône-et-Loire –, galeries françaises et internationales investissent deux des trois pavillons éphémères érigés sur la plus belle avenue du monde, du 23 au 27 octobre. Tour d’horizon non exhaustif.

«  J’entretiens un lien fort avec cet événement, tant avec les organisateurs qu’avec les collectionneurs, le rendez-vous est donné année après année. C’est toujours un plaisir de voir revenir de vrais amateurs de photographie. Le dialogue s’est établi et la confiance aussi.  » Galeriste spécialisé en photographie contemporaine, Gad Edery résume ainsi sa relation à Art Elysées. Pour sa cinquième participation à l’événement, sa galerie Gad Collection présente une dizaine d’artistes dont le couple américain Jerry N. Uelsmann et Maggie Taylor, le Français Patrick Braoudé ou encore le photographe belge Harry Gruyaert. Entre les clichés d’artistes confirmés et d’autres plus jeunes, on retrouve d’étonnantes images de la Nasa dont une photo de Buzz Aldrin, sur la lune en 1969, ou encore de Ham, le premier chimpanzé à visiter l’espace.

Autre habituée d’Art Elysées, Lélia Mordoch confirme son orientation vers l’art cinétique, notamment à travers les œuvres des Français L’Atlas ou Alain Le Boucher. Représentés par la galerie, le grand maître de la nouvelle figuration Bernard Rancillac et Miss.Tic – qui fête en 2015 trente ans de carrière dans le paysage urbain et pictural – seront aussi présents sur le salon. Parallèlement à l’exposition collective d’une dizaine d’artistes, Lélia Mordoch expose Body Voxels. The Walker, une sculpture de Miguel Chevalier. L’œuvre de deux mètres de haut en plexiglas représente un homme qui marche et dont le corps, pixélisé en 3D, se métamorphose en créant un effet cinétique variant en fonction du déplacement du visiteur  ; une figure en mouvement qui incarne l’homme du XXIe siècle.

Reconnu comme l’une des références en Europe en matière d’art aborigène australien, le stand de Stéphane Jacob est l’un des piliers du salon. La galerie présente quelques-uns des artistes emblématiques de la scène artistique aborigène depuis les années 1970, à l’image des tableaux de Ningura Narrula. L’artiste a notamment été invitée par le Musée du quai Branly à concevoir le plafond et les murs du premier étage du bâtiment. L’acrylique sur toile – principale technique utilisée par les artistes exposés  – et le choix de l’abstraction permettent de cerner les canons de ce mouvement artistique tourné vers la représentation de cérémonies religieuses et de lieux sacrés et caractérisé par l’omniprésence de couleurs vives et chaudes. Des œuvres qui expriment l’attachement d’artistes tels que Tjumpo Tjapanangka à leurs racines, au désert du centre de l’Australie, aux ancêtres, à l’eau et au sable, autant d’éléments qui font la particularité de ces territoires.

Patrick Braoudé, courtesy Gad Collection
Parti(e) se baigner, Patrick Braoudé, 2013
Alain Le Boucher, courtesy galerie Lélia Mordoch
Tri-Cycle, 84 leds blancs et 1 processeur@(35 x 32 x 32 cm), Alain Le Boucher, 2014
Comme à son habitude pour Art Elysées, la galerie Capazza expose quant à elle deux peintres et deux sculpteurs. Cette année, la galerie de Nançay choisit de présenter les pièces de Gérard Fournier, qui témoignent d’une harmonieuse rencontre entre l’opacité de la pierre et la transparence du verre, ainsi que les personnages en bronze de Marc Petit. Ce dernier insuffle à ses sculptures une puissante force, à la fois irréductible et mélancolique, influencée par la fuite du temps et les stigmates de la vie. Côté peinture, l’œuvre de l’artiste hollandaise Mechtilt (1934-2000) et celle du peintre collagiste Guy Mansuy seront à l’honneur.

Art Elysées est aussi l’occasion de découvrir de nouvelles et/ou jeunes galeries. Créée en 2011 et basée à Saint-Rémy-de-Provence, InsideOut présente ainsi des pièces de l’artiste catalan Jordi Alcaraz, ainsi que les sculptures du Viennois Herbert Golser, pour la première fois exposé en France. Deux établissements parisiens rejoignent également la foire des Champs-Elysées  : la galerie Rauchfeld, créée en 2012 et dirigée conjointement par Gérard Owadenko-Rauchfeld et Cyril Guernieri, opte pour le solo show et offre au public de découvrir le travail du sculpteur américain Rafael Barrios  ; la galerie Taménaga choisit, quant à elle, de présenter notamment les travaux de trois peintres asiatiques  : le Chinois Chen Jiang-Hong et les Japonais Takehiko Sugawara et Kyotsuké Tchinai.

Pour finir, les amateurs de design et de «  vintage  » ne manqueront pas de faire un détour par le troisième pavillon, dressé juste à la sortie du métro Champs-Elysées-Clémenceau, qui accueille la cinquième édition de Design Elysées, salon d’objets et mobilier design du XXe siècle.

La Chromosaturation de Carlos Cruz Diez à l’honneur

Herbert Golser, courtesy galerie InsideOut
Pièce signée Herbert Golser
A l’occasion de sa huitième édition, Art Elysées invite ses visiteurs à explorer l’univers d’un des précurseurs et principaux représentants internationaux de l’art optique, Carlos Cruz-Diez, et à expérimenter ce qu’il appelle la Chromosaturation  : «  Une ambiance artificielle composée de trois chambres de couleur, une rouge, une verte et une bleue, qui submergent le visiteur dans une situation monochrome absolue, précise l’artiste sur son site Internet. Cette expérience trouble la rétine, habituée à percevoir simultanément d’amples gammes de couleur. La Chromosaturation peut agir comme un détonateur en activant chez le spectateur la notion de couleur comme une situation matérielle, physique, ayant lieu dans l’espace, sans l’aide de la forme ni d’aucun support, indépendamment des conventions culturelles.  » Né en 1923 à Caracas, au Venezuela, Carlos Cruz-Diez est installé à Paris depuis le début des années 1960. Véritable théoricien de la couleur, il a mené des recherches s’appuyant sur trois situations chromatiques données : soustractive, additive et réfléchie, qui ont permis une nouvelle approche cognitive du phénomène de la couleur, appréhendée par l’artiste comme une «  réalité autonome en mutation constante  »

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