Rafael Lozano-Hemmer – Le capteur d’ombres

Il conjugue l’architecture et la performance dans les plus grandes villes du monde. L’artiste mexicain Rafael Lozano-Hemmer a le don d’enchanter les lieux qu’il investit. Prolifique, s’appropriant des technologies telles que la robotique, les systèmes de télésurveillance ou les réseaux télématiques, il crée au cœur de l’espace urbain des installations vivantes, véritables créations scéniques plus que simples œuvres d’art visuelles. Les relations qui s’établissent entre un lieu, son architecture et le public sont au cœur de sa démarche. Le public intervient de façon récurrente dans le processus de l’œuvre, et en devient le moteur, le principal acteur. Badauds et habitants du quartier sont interpellés par la féerie d’une machinerie sophistiquée, imaginée par l’artiste. Avec Body Movies, leurs silhouettes happées par de puissants spots lumineux sont projetées sur toute la hauteur d’une façade  ; lorsque d’autres passants investissent le champ de l’installation s’établit alors un dialogue, un jeu d’ombres chinoises qui donne libre cours à une chorégraphie expérimentale, collective, basée sur l’échange et le partage dans un contexte architectural détourné de sa fonction première. Jouant d’effets spéciaux, avec des capteurs et détecteurs de mouvements ces œuvres pourraient être qualifiées d’interactives mais Rafael Lozano-Hemmer préfère utiliser le terme moins galvaudé de «  relationnelles  » car il s’agit bien pour le public de s’exprimer et non d’activer un processus auquel il ne participerait pas. Plus spectaculaires les unes que les autres, toutes ses œuvres performances sont visibles sur le site de l’artiste. Jusqu’au 5 septembre la galerie Guy Bärtschi à Genève expose une dizaine de ses dernières créations. A vous de jouer  !
Raffael Lozano-Hemmer
Under Scan, Lincoln, UK, Raffael Lozano-Hemmer, 2005

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