Jeff Koons à Bilbao – L’illusion de l’hédonisme

Jeff Koons

« Je me sens incroyablement fort lorsque je crée mes œuvres, explique Jeff Koons. C’est pourquoi dans mon cas, l’art me sert à pousser mes limites de la vie. Et j’espère que mon travail donnera au spectateur une mesure des possibilités qui s’ouvrent à lui pour son propre avenir, comme il le fait pour moi. » Après le Centre Pompidou l’hiver dernier, le Musée Guggenheim de Bilbao, en Espagne, accueille à son tour, jusqu’au 27 septembre, la première rétrospective dédiée en Europe aux sculptures et peintures de l’artiste américain. Organisée selon un parcours chronologique – de 1979 à nos jours –, l’exposition met en exergue les différents cycles et étapes de son travail, depuis les premières œuvres imaginées dans une veine héritée du Pop art aux pièces les plus récentes dialoguant avec l’histoire de l’art

Koons, gourou de la béatitude ou Petit Prince de l’art contemporain ? Bienveillant ou méchant ? Menteur, vil marchand ou gentil artiste ? En arrivant au milieu de la nuit à Bilbao, c’est surtout le bâtiment éclaté de Gehry, avec ses ailes de métal argenté, brillant doucement dans la nuit, qui saute au regard. Puis l’énorme Puppy, tout fleuri pour l’occasion, assis sagement à l’entrée du musée.

La rétrospective Jeff Koons qui s’est ouverte au Guggenheim de Bilbao est celle qu’on a pu voir au Centre Pompidou il y a quelques mois. Dans les salles du musée espagnol, les œuvres de grand format prennent leur aise. Ça fonctionne. Espace et art. Ca respire bien. Jeff Koons en personne fait la visite. Il porte, comme à son habitude, un costume gris cintré, une fine cravate et un grand sourire. Passant d’une œuvre à l’autre, il parle d’une voix douce, déroule un discours bien rôdé que nous avions déjà entendu à la galerie Almine Rech en 2012, apprécie de poser pour les photographes, se couche sous son homard pour une photo «  cool  », dédicace les exemplaires de presse de son catalogue aux journalistes et ne dit pas non à un selfie. Un «  nice guy  ». Vraiment.

Koons déplace les foules. Ses œuvres sont accessibles à tous, elles sont lisses, colorées, de forme claire et simple. «  Enjoy  », semble dire l’artiste. Toi, le riche collectionneur, toi le passant, toi le visiteur non averti, regarde, tout ici est beau, coloré, joyeux, non compliqué. Tu ne peux qu’aimer. Aime.

Dans le monde de Jeff Koons, les animaux ne meurent pas et refleurissent au printemps. Les femmes sont jeunes, sexys, bien roulées, à l’image de la Cicciolina, sa première femme. Le sexe est frontal, sans complexe ni problème d’érection, facile d’accès et sans intimité. Les jouets de plage sont immenses, gonflés à bloc, lourds, colorés, souriants, les sculptures classiques sont badigeonnées de blanc, sans aspérités, surmontées d’une sphère de verre églomisé bleu, Michael Jackson est figé et doré dans la porcelaine fine, les bouquets de fleurs ne fanent jamais. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

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