Sylvester Stallone à Nice – Du tapis rouge au musée

Sylvester Stallone, courtesy galerie Gmurzynska

Le Musée d’art moderne et contemporain de Nice consacre actuellement une exposition rétrospective à Sylvester Stallone. L’acteur américain, qui peint depuis une quarantaine d’années, dévoile ici une facette de sa personnalité aussi inattendue que méconnue  ; ce n’est que la troisième fois qu’il expose son travail pictural outre-Atlantique. «  Je pense que la peinture est la forme la plus authentique, la plus honnête de tous les arts, souligne-t-il, parce que c’est simple, ça ne pardonne pas.  »

Le Mamac de Nice a été inauguré en 1990. Il possède un important fonds Yves Klein, un ensemble d’œuvres de l’école de Nice et des nouveaux réalistes, du pop art américain, des assemblages de Robert Rauschenberg (1925-2008), des pièces d’Arte Povera – témoignant de sa proximité directe avec l’Italie –, mais aussi des œuvres signées de représentants du minimalisme américain, parmi lesquels Ellsworth Kelly et Frank Stella. Joseph Kosuth, Francis Bacon (1909-1992), Olivier Debré (1920-1999), Lucio Fontana (1899-1968), Hans Hartung (1904-1989), François Morellet, pour ne citer qu’eux, constellent la collection. Ce musée municipal est administré en régie directe, c’est-à-dire, exclusivement géré par les élus. La question d’un comité scientifique ne s’y pose pas. Cette collection d’art moderne et contemporain constitue l’assise de sa programmation qui entend se développer internationalement.

Jusqu’au 30 mai, c’est Sylverster Stallone, acteur américain et interprète légendaire de la série de films sur la boxe intitulée Rocky, qui expose ses peintures au Mamac. Cet événement a été décidé, selon le service de presse, par Gérard Baudoux – avocat, il est le 17e adjoint délégué aux Musées et à l’art moderne et contemporain – et Bernard Baudin – conseiller municipal délégué aux Parcs et Jardins. Le conservateur en chef du Mamac de Nice, Gilbert Perlein, est, depuis de nombreux mois, en convalescence. L’essayiste Philippe Muray ne cessait d’affirmer que, pour faire ressortir le caractère quelque peu singulier d’une situation donnée, il fallait mettre le monde entre guillemets, à savoir user de la citation sans y ajouter de commentaires particuliers.

Real love, paintings 1975-2015 est une rétrospective qui a déjà été présentée à la galerie Gmurzynska de Saint-Moritz, en Suisse, et au Musée Russe d’Etat de Saint-Pétersbourg. Le Mamac de Nice offre ainsi à l’acteur américain sa troisième exposition sur le continent européen, programmée pendant le festival de Cannes – la Croisette est à quelque 40 km –, où la planète Hollywood se donne chaque année rendez-vous. Les œuvres en question offrent différents sujets  : autoportraits, représentations de bustes féminins rapidement brossés en jaune sur fond noir et de silhouettes qui flirtent avec un des aspects de la figuration street art – style pictural régulièrement exposé à Paris dans le quartier de la place des Vosges –, s’adressant directement au plus grand nombre par une forme de représentation délibérément simplifiée et par l’emploi de palettes acides.

Sylvester Stallone, courtesy galerie Gmurzynska
Untitled (Michael Jackson), Sylvester Stallone, 2010
Le maire de Nice Christian Estrosi est l’auteur d’un discours, le soir de l’inauguration, publié sur son site Internet  : «  Voilà un bel uppercut qui démolit les idées reçues  ! (…) Il y a deux Sylvester et on ne le savait pas  ! Vous aviez une double vie et on l’ignorait  ! Du moins le grand public ne le soupçonnait pas, trop occupé qu’il était à suivre vos combats sur le ring ou vos exploits dans la jungle. Seuls les amateurs d’art éclairés savaient qu’un artiste peintre se cachait derrière Rocky et Rambo. Et aujourd’hui, grâce à cette exposition-rétrospective, on peut visualiser tout le cheminement de ce parcours artistique hors norme, qui donne accès à l’intimité de vos sentiments. (…) Vous êtes un homme libre et je crois que cette exposition-événement le prouve avec éclat. (…) Merci d’avoir choisi Nice pour délivrer ce message de beauté, de vérité et de liberté.  »

Qui l’eut cru, en effet. On peut même imaginer qu’un sujet d’exposition à venir, beaucoup plus ambitieux, se profile, réunissant ces coming-out de personnalités médiatiques, politiques ou issues des grands et petits écrans, glissant vers les arts visuels et lancées à la conquête des musées. L’ancien président des Etats-Unis, George W. Bush avait ainsi dévoilé ses peintures de caniches et de chats avant de présenter à Dallas, l’an dernier, une série de portraits d’hommes politiques.

Le soir du vernissage, Sylverster Stallone est filmé, photographiant le Centaure d’Assan Smati, pièce presque emblématique des galeries contemporaines. L’an dernier à la même époque, le musée avait accueilli une exposition Calder. Stallone succède donc à Calder, un scénario encore inédit sur le sol américain.

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