A la Villa Noailles – La trentaine radieuse

Le Festival international de mode et de photographie s’apprête à ouvrir, ce jeudi 23 avril à Hyères, les portes de sa 30e édition. Un anniversaire célébré sous les auspices de la maison Chanel représentée par Karl Lagerfeld, Eric Pfunder et Virginie Viard, respectivement directeur artistique du festival 2015, président du jury photographie et présidente du jury mode. Comme chaque année, dix jeunes stylistes et dix photographes, venus de toute l’Europe, mais aussi de Taïwan, ont été sélectionnés. Plusieurs prix seront remis durant le week-end, alors que l’ensemble des travaux photographiques resteront exposés jusqu’au 24 mai. Plus de quinze expositions, dont plusieurs d’anciens lauréats, sont par ailleurs programmées sur cette même période en l’honneur des 30 ans du festival. En voici quelques exemples en images

Dix stylistes. La sélection 2015 réunit les Allemandes Anna Bornhold et Christina Braun, la Taïwanaise Yiyu Chen, la Française Sophie Harand, les Finlandaises Heini Maria Hynynen & Elina Äärelä, Elina Määtänen et Sophie Sälekari, l’Espagnol Guillem Rodriguez Bernat, la Franco-Allemande Annelie Schubert et la Néerlandaise Wieke Sinnige. La mise en images de leurs créations respectives a fait l’objet d’une commande passée auprès du photographe Grégoire Alexandre, qui fut l’un des participants au festival en 2003. A noter, la participation au jury de la plasticienne portugaise Joana Vasconcelos, connue pour son utilisation récurrente des matières textiles dans ses installations monumentales.

Elina Määttänen, photo Grégoire Alexandre
Création signée Elina Määttänen

Dix photographes. Des paysages britanniques de Polly Tootal aux fausses images de guerre créées par le Polonais Wawrzyniec Kolbusz, en passant par l’illustration des multiples tentatives du Néerlandais Sjoerd Knibbeler pour photographier le vent, la sélection de ce trentième festival est aussi riche et variée dans les thématiques abordées que dans les démarches adoptées. Tandis que la photographie est pour la Française Jeannie Abert, l’Indien Sushant Chhabria et l’Italien Filippo Patrese un véritable outil d’exploration plastique, elle constitue pour la Grecque Evangelia Kranioti, le Suédois David Magnusson, l’Allemand Oezden Yorulmaz ou encore le Français Thomas Rousset une porte d’entrée vers des univers étonnamment singuliers, qu’ils soient imaginaires ou bien ancrés dans le réel.

Sophie Harand, photo Grégoire Alexandre
Création signée Sophie Harand

Karl Lagerfeld – Three Worlds. Pour l’anecdote, le créateur est passé derrière l’objectif il y a une vingtaine d’année, après avoir été déçu par les photos de presse de l’une de ses collections. «  Son credo, c’est voir, tout voir, sans relâche, avec curiosité et gourmandise et, dans ce voir, choisir ce qu’il faut regarder, analyse Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison européenne de la photographie, à Paris. Dès lors, il peut pratiquer à sa guise portrait, paysage, architecture, nu, et même la nature morte, expression à laquelle il préfère le terme anglais, plus approprié de still life.  »

Filipo Patrese
Settembre 1985, Corrections, 2014, Filipo Patrese

Lorenzo Vitturi – Droste Effect, Debris and Other Problems. Le lauréat 2014 du Grand Prix du Jury Photographie présente un projet mêlant sculpture et photographie, développé autour d’objets récupérés dans la décharge londonienne de Dalston. Travaillant à la fois autour de la forme et de l’image, par le biais de multiples (re)compositions et tirages successifs, l’artiste italien entend saisir la transformation de cet espace urbain, voué à accueillir à terme un nouveau complexe immobilier.

Lorenzo Vitturi
Sandringham Road Process, Lorenzo Vitturi

Camille Vivier – Voile. La photographe française, qui a été récompensée à 21 ans lors de la douzième édition du festival, en 1998, s’est vue confier une commande vidéo «  sur une architecture remarquable  ». Son choix s’est porté sur la voile, qui vient rejoindre, comme plusieurs autres éléments du paysage – devenu récemment l’un de ses thèmes récurrents, avec le nu, la nature morte, la littérature, le cinéma et, surtout, le personnage féminin – un univers où l’étrange et l’artifice tiennent une place de choix.

Gio Black Peter – Sleepwalker. Une double exposition, à la Villa Noailles ainsi qu’au restaurant Le Marais-Plage, est consacrée au performer, vidéaste et peintre américain Gio Black Peter. Installé à New York, celui-ci mène une recherche questionnant tour à tour les notions de texte et de sujet, de vérité et de falsification, de rébellion et d’autorité, dans un esprit résolument anticonformiste, voire subversif.

Camille Vivier
Voile (arrêt sur image), Camille Vivier, 2015
Antoine+Manuel – Les 30 ans du Festival. Le duo de designers revisite avec humour, légèreté et énergie trente années d’exploration et de découverte à la Villa Noailles. Loin de convier à tourner les pages d’un «  album souvenir  », ils entendent rappeler, à travers une installation murale composée de moult dessins, combien les notions de convivialité et de foisonnement, présentes dès le départ, restent d’actualité.

Retrouvez le programme complet du festival d’un clic.

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