Martine Salavize – Sous le sceau des origines

DR

Le vent du désert souffle sur les créations du sculpteur Martine Salavize. Ses œuvres en béton Sika, gigantesques et verticales, trouvent leurs origines dans une oasis appelé Yotvata, au sud de la vallée d’Arava, dans la région de savane d’Israël. « Une amie m’a offert là-bas un arc végétal qui provenait d’un palmier. Rentrée à Paris, j’en ai réalisé un moulage pour créer cette forme que j’ai ensuite associée à un autre modèle issu d’une souche de peuplier », précise cette femme pétillante et solaire. L’illusion est à son comble car l’utilisation du béton teinté dans la masse a non seulement permis de reproduire chaque fibre du végétal ou chaque nervure du bois, mais aussi de retranscrire le toucher naturel des éléments. L’association des deux formes est surprenante : si le morceau de bois tranché dans le vif s’accorde une pause immobile dans le sol, les fibres végétales prennent racine puis s’élancent vers le ciel. L’équilibre est précaire, empreint de légèreté, de magie. «  Je veux créer des pièces qui rendent serein, qui parlent de nature et d’espace, qui font respirer les gens tout en les fascinant  ». Ses Tables de la Loi, deux pièces également présentées à la galerie Véra Amsellem et de dimensions plus réduites (22 x 20 cm), possèdent une face arrondie et une autre plus plate, comme marquées par un message ancestral, originel. «  Cette forme compacte est le résultat du passage au feu d’un morceau de bois dans l’antre d’une cheminée, que j’ai rapidement extrait avant sa disparition !  » Du cœur de ces sculptures surgissent pierres brunes et rochers torturés semblables à ceux du désert du Néguev  ; rappel de cette longue faille qui dessine du nord au sud le relief israélien. Depuis quinze ans, les sculptures de Martine Salavize habitent les jardins, suivent les saisons, effleurent l’eau ou se tapissent dans les prés. Ancienne céramiste, elle est allée à la rencontre de tous les matériaux – terre, verre ou métal – mais c’est avec le béton qu’elle a gagné en liberté. Avec ses dernières pièces, elle invite à un voyage initiatique aux portes du désert, qui offre un espace immense, loin du bruit et des agressions du monde.

DR
L’artiste chez Vera Amsellem, Martine Salavize, 2010

GALERIE

Contact
Crédits photos