Sabrina Gruss – Circé à Paris

Samedi 16 janvier, le ciel est bas sur la capitale, et les trottoirs sous la pluie sont encore plus noirs que d’habitude. Pourtant, un petit coin du Sud a envahi un petit coin de Paris : la galerie Béatrice Soulié accueille pour un peu plus d’un mois le peuple grimaçant et tendre de Sabrina Gruss. « Elle, c’est l’éternelle fiancée. Morte avant lui, il l’a couronnée de son voile de mariée tant il lui est impossible de l’imaginer perdue à jamais », l’artiste chapeautée de noir raconte des histoires. Celles des personnages qui sortent de ses mains de Circé pour vivre sans vergogne bien au-delà de l’atelier. Dans la galerie, les amateurs se pressent. Des micros- bouchons se créent. Il faut dire qu’il y a tant à voir. Pour cette exposition parisienne, Sabrina Gruss a bravé la neige et le verglas avec, installée à l’arrière de son véhicule, une foule espiègle de personnages tout en os, crânes, champignons, bois, dentelles et coquillages. Une myriade d’yeux qui vous observent, vous apostrophent, vous fascinent. Une femme au sourire carnassier chevauche un destrier à la crinière fournie et à l’œil rond. Elle tient dans ses mains un être emmailloté dont on se sait trop à quelle espèce il appartient. Telle Marie fuyant en Egypte, elle protège son nouveau-né dans ses bras refermés. Plus loin, quatre polissons tendent leurs mines effrontées vers les visiteurs. Cheveux électrisés par on ne sait quelle vision, nous espérons que ce n’est pas de nous voir ; tête près du bonnet ou chapeau pointu en guise de couvre-chef, la bande à Sabrina est irrésistible de drôlerie. La visite se poursuit ainsi entre sourires et enchantement.

Lire aussi le portrait de l’artiste publié sur ce blog le 20 novembre dernier.

Sabrina Gruss, courtesy Béatrice Soulié
L’éternelle fiancée, Sabrina Gruss, 2009

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