Panamarenko – Ses drôles de machines volantes

Panamarenko, photo Gerald Van Rafelghem courtesy Deweer gallery, Otegem, Belgique

Il émane de ses étranges machines autant d’utopiques rêveries et poétique tendresse que de savantes équations et concrètes considérations. Passionné très jeune par la mécanique, le Flamand, sitôt échappé de ses études artistiques n’a eu de cesse d’imbriquer deux mondes a priori guère conciliables, celui de la science et celui de l’art. Lâchant la bride à son imagination, Panamarenko élabore ainsi, depuis le milieu des années 1960, un univers fantasmagorique et farfelu au sein duquel les lois de la pesanteur, de la pression et de la dynamique jouent les maîtresses de cérémonie. Objets volants restant à identifier, chaussures électromagnétiques, submersibles improbables et embarcations hasardeuses, l’arsenal incroyablement ludique et délirant de ce visiteur iconoclaste de l’espace vient illustrer une philosophie de vie délibérément idéaliste et fantaisiste. S’il a depuis longtemps fait le choix de l’utopie, optant pour une approche existentielle insolite, troublante mais attachante, c’est pour mieux nous délivrer des poids et gravités de ce monde, nous rappeler la nécessaire et salutaire liberté de rêver qui est la nôtre.

Panamarenko, photo Dries Verstraete courtesy Deweer gallery, Otegem, Belgique
Magnetische Shoenen@ (Chaussures magnétiques), Panamarenko, 1966-67

Le Fonds régional d’art contemporain du Nord-Pas-de-Calais, installé à Dunkerque, a organisé cet automne quatre expositions parallèles et thématiques retraçant le parcours de cet artiste définitivement hors normes. Le musée portuaire de la ville a logiquement accueilli ses machines de mer, la galerie Robespierre de Grande-Synthe, petite ville voisine, les créations touchant au processus artistique, à la gestation des œuvres de l’artiste anversois, tandis que la place de l’hôtel de ville laissait carte blanche au ballet de Scotch Gambit, sculpture monumentale de 16 mètres de long, mi-avion, mi-insecte, aux allures d’aéroglisseur digne de la plus pure science-fiction. Le musée du Dessin et de l’Estampe originale de Gravelines reprend pour sa part un thème cher à ce génial inventeur, à savoir celui du mythe d’Icare et de l’homme volant. Editions graphiques, dessins et sculptures viennent témoigner ici du sujet phare d’interminables recherches, source intarissable d’un imaginaire qui hante l’humanité depuis que savants esprits et autres, et ce, avant même Léonard de Vinci, ne rêvent de drôles de machines en l’air.

Panamarenko, photo Dirk Pauwels
Meikever, Panamarenko, 1975

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