Fiac, Slick, Show Off, Chic Art Fair… – La sélection d’ArtsThree

Photo MLD

Banane géante, morceaux de bois jonchant le sol, poule naturalisée couvant un œuf conique ou amoncellement d’objets hétéroclites, toutes les œuvres ne font pas l’unanimité  ! Mais il faut bien l’avouer, elles provoquent plus de sourires qu’elles ne désolent. En ces lieux, tout est admis, ou presque. Lâchées dans Paris en cet automne mi-pluvieux, mi-frisquet, nous sommes cinq à avoir arpenté sept des foires et salons de cette folle semaine de l’art contemporain et à nous être astreintes à sélectionner quatre artistes pour chacun d’entre eux  : une gageure  !

Fiac cour Carrée du Louvre

Une demi-heure avant l’ouverture aux professionnels les pavés résonnent déjà de quelques trépignements d’impatience, les immenses baies vitrées de la Fiac, version cour Carrée, laissent entrevoir une petite part des stands et la Cadillac noire années 70 de Darren Banks diffuse de la musique aux abords de la rue de Rivoli. Des femmes aux élégantes extravagances vestimentaires cherchent la bonne file, des amis se hèlent par-dessus les épaules de ceux qui piétinent sagement. Bientôt les portes s’ouvrent et la chasse aux trésors commence. Chacun sa méthode  : il y a les flâneurs qui parcourent les allées le nez au vent, l’air d’avoir déjà tout vu, les systématiques qui les prennent dans l’ordre et explorent chaque stand, les enthousiastes qui s’extasient devant la moindre trouvaille, les grincheux, qui sont rares et dont nous ne parlerons pas. Un portrait accompagné d’une vidéo accroche l’œil.

Vue extérieure, Fiac Cour Carrée, 2010
Eszter Szabo, déjà présente à la Fiac l’an passé, est hongroise. La femme du portrait, immortalisée dans une veste de fourrure à longs poils, est aussi l’objet d’une animation qui sans vergogne commente certains détails de la toile située au-dessus… La figure renfrognée de la femme vient contrarier un style délicieux que la vidéo exploite tout en introduisant une agréable dose d’humour (Videospace Gallery). A deux pas, un espace blanc accueille des œuvres sculptées… blanches  : les Bâtons de légende de Mathieu Briand. On les imagine transmis à quelque descendant de Merlin l’enchanteur. Bâtons de chaman des temps futurs gravés du sceau d’une mythologie ancestrale peuplée de rats et de loups, traversée d’escaliers dérobés et de tours abolies. Une œuvre qui intrigue, donne envie de s’emparer de l’objet d’art afin que telle une baguette de sourcier elle fasse jaillir ces temps anciens où la magie avait cours et où le merveilleux comme l’horrible faisaient partie du quotidien. A moins qu’ils ne cherchent à rappeler – lointaines prémices –, notre trouble époque  ? (Galerie of Marseille). Un peu plus loin, face à face, les photos appartenant à la série At Dusk (1993) de Boris Mikhailov sont un éblouissement. L’artiste ukrainien, qui a cessé depuis longtemps d’être un débutant, enchante ici avec son «  rayon bleu  ». Chaque cliché est imprégné de cette couleur  : un bleu comme ce ciel de 1941 qui enveloppait le hurlement des sirènes et accompagnait les bombardements. Le photographe aime les scènes de la vie ordinaire et difficile, ici l’Ukraine du début des années 1990. A ne pas manquer (Galerie Suzanne Tarasieve).
Mikhailov, courtesy galerie Suzanne Tarasieve, photo MLD. Vu à la Fiac, Cour carrée
Série At Dusk (1993), Boris Mikhailov, 2010
Puisqu’il ne reste plus qu’un artiste pour terminer cette sélection de la Fiac cour Carrée, impossible de ne pas évoquer l’œuvre d’Yves Netzhammer. Présentés sur le stand Beaumontpublic, une vidéo, une installation et des dessins permettent d’apprécier l’étendue du talent de cet artiste qui ne peut renier ses origines suisses tant l’expressivité de chaque forme, de chaque trait, est poussée au paroxysme. Une économie de moyens qui concentre le propos tout en légèreté. Enfin, quel plaisir d’aller plus loin dans la découverte en consultant les splendides ouvrages mis à la disposition du public (www.netzhammer.com). En sortant, attardons-nous un instant sur la poubelle customisée en sarcophage du «  collectif  » russe (ils ne sont que deux, Andrey Blokhin et Georgy Kuznetsov) Recycle (M&J Guelman Gallery). Ils sont encore très jeunes, mais nous aurons l’occasion d’en reparler  ! M-L D

Recycle, courtesy M&J Guelman Gallery, photo MLD. Vu à la Fiac, Cour carrée
Sarcophage, Recycle, 2010
 

Fiac Grand Palais

L’enthousiaste est le sentiment qui prédomine à l’issue de la visite de l’édition 2010 de la Fiac, au Grand Palais. L’esprit plein d’images vues en avant-première à la télévision ou dans les quotidiens du matin, le visiteur du premier jour est loin du compte. Une fois encore les stars du marché de l’art, parfois peu connues du grand public, ont fait la une. Mais elles ne sont pas seules à enchanter l’œil et l’esprit  ! Commençons pourtant par une artiste ultra reconnue  : la grande prêtresse des pois, Yayoi Kusama, dont l’œuvre Reach Up to the Universe, Dottet Pumpkin est présentée ici en trois versions (blue, pink et yellow) par la galerie londonienne Victoria Miro. Ces sculptures en forme de potiron géant reflètent le décor alentour. Percées de part en part, elles laissent le regard les traverser et la lumière circuler.

Netzhammer, courtesy Beaumontpublic, photo MLD. Vu à la Fiac, Cour carrée
Yves Netzhammer, Adresses des lieux impossibles, 2010
Sous la verrière du Grand Palais, elles scintillent comme des bijoux et distillent une magie semblable à celle née quelques jours plus tôt de l’observation de Narcissus Garden, une œuvre de 1966 composée de sphères-miroirs que l’artiste a qualifiées de «  tapis cinétique  », installées dans un des bassins du jardin des Tuileries. Dans une autre allée, un immense tableau attend l’œil attentif des amateurs en quête de subtilité. La Mappa Roma/Milano de David Reimondo représente la rencontre des deux villes italiennes, rivales en bien des points. Les réseaux de rues, simulés grâce à des tranches de pain grillées par endroits, coulées dans de la résine et évidées pour certaines, s’avancent l’un vers l’autre jusqu’à se mélanger au centre de la toile. L’artiste qui travaille ses compositions à l’aide de pochoirs utilise le pain comme symbole du corps humain et s’interroge sur notre comportement vis-à-vis de notre environnement. La galerie di meo qui le représente a organisé avant l’été sa première exposition en France. A suivre. Non loin, la galerie suisse Tschudi présente Table of Feathers de Bethan Huws. L’artiste conceptuelle adepte du ready-made, dans la veine du grand Marcel, propose un bureau de bois à tiroir fiché de plumes grises et marrons de tailles différentes. Poésie et symbolique naissent immédiatement de cet assemblage de bois et d’éléments naturels aériens, de l’endroit où l’on écrit et apprend et de l’outil qui permet de témoigner ou de transmettre. L’art de la connaissance. Les stands défilent et les pièces remarquables aussi. Avant de filer vers la sortie, une dernière halte à l’espace de la galerie new-yorkaise Mitchell-Innes & Nash.
Kusama, courtesy galerie Victoria Miro, Londres. photo MLD. Vu à la Fiac Grand Palais.
Reach Up to the Universe, Dottet Pumpkin pink, Yayoi Kusama, Fiac 2010
Attention vous pourriez y rester plus d’une heure  ! William Pope.L est l’unique invité. Artiste «  multisupport », il est notamment connu pour ses Crawls, séries d’actions organisées depuis 1978 dans lesquelles il rampe sur de longues distances dans les rues des villes. Ici, point de William rampant (il est reparti enseigner aux Etats-Unis) mais une incroyable performance d’endurance de groupe de 75 minutes  : Cusp (version Kafka). Trois personnes revêtent des pyjamas trop grands et des masques d’Obama. Tout en se tenant sur un monticule de terre, deux des artistes tiennent une pierre sur laquelle jaillit de l’encre verte au-dessus du corps allongé du troisième. «  Il n’y a pas de thème majeur si ce n’est l’envoûtement du temps, de la matière et de la mise en scène. Tonalité  : mélancolique  », a commenté William Pope.L. Top  ! M-L D

Chic Art Fair

Pope.L, courtesy galerie Mitchell-Innes & Nash, photo MLD. Vu à la Fiac Grand Palais.
Cusp (version Kafka), William Pope.L., 2010
Paris accueille une nouvelle foire, la Chic Art Fair, jusqu’au 25 octobre à la cité de la mode et du design. Son originalité  : mêler art contemporain et design. Pari osé étant donnée la culture élitiste qui règne sur le marché de l’art contemporain. Mais la mission est plutôt réussie. Les galeries sont nombreuses – une cinquantaine venues de tous les horizons, de Paris bien sûr mais aussi de Nantes ou d’Osaka ! Le mélange des genres n’est pas choquant et surtout, la notoriété naissante de l’événement assure une certaine décontraction. Les artistes sont nombreux sur place, vont au devant des visiteurs, aident même parfois à finir d’installer leurs œuvres. Toutefois, l’osmose n’est pas encore totale entre certains designers qui embellissent nos objets du quotidien etles autres : l’évocation du caractère esthétique d’une œuvre déclenche parfois des poussées d’urticaire  ! Dans cette foire volontairement généraliste, il est difficile de dégager une tendance marquée. Il semble toutefois que les couleurs, surtout vives soient à la mode. Une manière de conjurer la grisaille du contexte économique  ?  Quatre artistes à suivre  : la plasticienne française Juliette Jouannais et ses dos monochromes. (Galerie Charlotte Norberg, Paris)  ; les installations du Français Pascal Bauer mêlant vidéo, mécanique, électronique et sons. (School Gallery, Paris)  ; les créatures à la beauté parfaite de l’artiste numérique suédoise, Kari Moden (Galerie xpo, Londres)  ; les dessins du Japonais Daisuke Ichiba, aux frontières de la bande dessinée (La librairie Le Monte-en-l’air, Paris). A.-L. R.
Vu à Chic art fair.
Sans-titre, Daisuke Ichiba, 2010

Arts Elysées

Des néons verts dessinent son nom sur un fond noir  : Arts Elysées. C’est la plus classique des manifestations de la semaine. Ici, l’ambiance est feutrée et les galeries jouent en grande majorité la carte des valeurs sûres. Beaucoup de toiles, autant de sculptures. Peu d’extravagances mais des noms consacrés, et aussi la beauté. Evoquons donc parmi les artistes dont la réputation n’est plus à faire  : Dado dont plusieurs œuvres sont à admirer dans au moins trois espaces différents. A quelques mètres l’une de l’autre, une toile de 1966 fait un pied de nez à sa cadette de vingt ans. A elles seules, ces deux-là valent le détour. De chaque côté du stand de la galerie suisse Bel-Air Fine Art, les Ballons de Mauro Corda montent la garde. Fichés au bout d’une tige noire, ils offrent d’un côté une face lisse et trompeuse de vulgaires ballons de fête foraine, de l’autre un visage grimaçant. En jaune, en vert ou en rouge, ils donnent l’impression trouble d’être les suppliciés d’une fête qui aurait mal tourné. A la fois burlesques et inquiétants comme des personnages de la commedia dell’arte.

Vu à Chic art fair.
Jaune – Soleil (150 X 150 cm), Juliette Jouannais, 2010
De son côté, Stéphane Jacob, spécialiste de l’art australien contemporain, présente des artistes aborigènes. Difficile d’arrêter son choix sur l’une ou l’autre toile. On s’abandonne aux formes dessinées et répétées comme un mantra jusqu’à se laisser emporter vers d’autres cieux, d’autres temps, ceux du rêve à n’en pas douter. Quittons la peinture pour la sculpture et découvrons les animaux de la communauté artistique d’Aurukun. Objets cérémoniels, ils n’étaient pas destinés à être vendus mais à se désagréger sur place au terme de certains rites. Considérés jusqu’au début des années 1980 comme de vrais entités totémiques, ils servent aujourd’hui aux Wik (communauté aborigène installée à la pointe de l’Etat du Queensland) à faire connaître leur culture. Le hérisson de Roderick Yunkaporta est irrésistible ! A quelques pas de là, le mobilier de No Art nous attend. Fidèle à l’artiste dont elle suit le travail depuis plusieurs années, la galerie Artima présente de nouvelles pièces, notamment un ensemble composé d’une glace, d’une commode, d’un vase et de deux lampes. On se croirait dans l’antre du capitaine Nemo  ! Au fil de l’immense allée, le regard scanne le grain de Pinoncelli, les entrelacs de Combas, une bouille de Murakami, un mobile de Monchâtre, un lapin rose de Bisch et de nombreuses œuvres signées d’artistes majeurs qui ne sont plus. Il est temps pour nous de traverser l’avenue  ! M.-L. D.
Communauté artistique d’Aurukun, Yunkaporta, courtesy galerie Stéphane Jacob, photo MLD. Vu à Art Élysées.
Sculpture hérisson, Roderick Yunkaporta, 2010

 

Slick

Slick fête son cinquième anniversaire et s’est offert pour l’occasion l’esplanade du Palais de Tokyo et du musée d’Art moderne. Quarante-trois galeries françaises et internationales sont présentes, une sélection pointue d’exposants. Slick n’est en rien une foire tentaculaire, ce qui laisse au visiteur l’occasion de se laisser charmer sans être écrasé  ! En cette deuxième journée, l’ambiance est détendue, les galeristes et artistes souriants, déjà complices. Nouveauté de cette édition, Slick Orient réunit neuf galeries venues d’Inde, du Pakistan, des Philippines, d’Iran, du Liban, du Pakistan et d’Afghanistan. Sur le stand de la galerie Seven Art Limited, un masque d’acier aimante le regard. A 24 ans, l’artiste indien Saravanan Parasuraman explore les mystères de l’âme humaine. Une dizaine de galeries ont fait le choix de présenter des expositions solo. C’est l’occasion de retrouver le monde fantastique et délicat de l’artiste Petra Werlé chez la galeriste Béatrice Soulié. Le dessinateur Fabien Mérelle, lauréat du prix Canson 2010, est l’unique invité du Fonds Canson pour l’art et le papier. Ses œuvres sont également à admirer chez Jeanroch Dard. Peintre et brodeuse, l’artiste néerlandaise Seet van Hout, à la Gist galerie, exhume du néant les liens ténus de la mémoire. L’artiste français Jean Denant a réussi à démontrer la capacité de persistance rétinienne de certaines photos de conflits appartenant à la mémoire collective. Ses tableaux de bois, sur le stand de L.A. gallery, sont un véritable choc émotionnel. A. B.

Galerie Twenty-One. Vu a Slick art fair.
Peintures d’Eudes Menichetti @et sculpture d’Eric Angenot, Slick 2010

Cutlog

Sous les 1000 m2 du dôme de la Bourse du commerce, le salon d’art contemporain Cutlog réunit pour sa seconde édition trente-six galeristes venus pour la plupart de France et d’autres pays européens. A noter la présence de quelques Américains et Japonais. Savant et élégant mélange de dessins, peintures et sculptures, le salon n’en laisse pas moins la part belle à la photographie. Ici, pas d’esbroufe, l’art s’expose pour la plus grande joie des visiteurs dans le calme. Amateurs et collectionneurs se promènent sereinement  : les prix sont affichés et raisonnables, l’espace suffisant pour admirer les œuvres en paix. L’accueil est chaleureux. Les galeristes parlent volontiers des œuvres qu’ils proposent et des créateurs qu’ils représentent. Bruno Hadjadj, directeur de la manifestation, semble avoir gagné son pari  : «  Montrer des artistes que l’on n’a pas l’habitude de voir ailleurs, dans l’esprit de LISTE de Bâle.  » A découvrir en priorité les pièces signées par La  Fratrie, Karim Hamid, Mohamed Lekleti et Bertrand Jacquelinet.  N. B.

Vu à Cutlog.
Bienvenue à Cutlog 2010.
  

Show Off

Certaines galeries de Show Off ont cette année pris le risque d’exposer un nombre restreint d’artistes par stand, voire un seul. Exit les présentations confuses et étouffantes. Bienvenue aux espaces aérés et cohérents. Chez la galeriste suisse Hania Bailly, les sculptures des artistes illusionnistes Alexandre et John Gailla profitent particulièrement de choix scénographique. Fascinés par l’anatomie, ces frères jumeaux manipulent des fils de fer et de Nylon rouge pour créer des ossatures organiques où le thème de la décomposition côtoie celui de la renaissance (Homme accroupi, 2010). L’enchevêtrement de fils symbolise les liens qui relient toutes les cellules d’un corps et rappelle les subtiles associations de lettres des créations de Jaume Plensa.

Vu à Cutlog.
L’alchimiste, Mohamed Lekleti, 2010
La légèreté de réalisation, qui pallie la gravité du sujet, est également au cœur de l’œuvre de Voluspa Jarpa, exposée à la galerie Vanessa Quang. A partir des dessins des douze poses hystériques recensées par un médecin italien, l’artiste chilienne entreprend un «  travail quasi compulsif qui devient le centre même de la construction poétique  » qu’elle tente de réaliser dans ses œuvres, et traduit les empreintes laissées par les traumatismes, quand le corps en souffrance prend le relais d’une mémoire qui a sombré. Suspendus à des fils tendus par une bille de plomb, des personnages en apesanteur se contorsionnent dans l’espace telle une nuée démoniaque de possédées condamnées à ne jamais chuter  ! (Effet Charcot, 2010.) 
Courtesy Galerie Nania Bailly. Vu au Show Off.
Homme accroupi, fils de fer et nylon peints, (160 x 120 x 90 cm), Alexandre et John Gailla, 2010
L’équivalent glaçant et fascinant des créations de Claire Morgan  ! Direction maintenant vers l’immense sculpture en forme de spermatozoïde de l’Atelier Van Lieshout, collectif connu pour ses projets utopiques d’unités habitables ou ses mobil-homes. Transformée pour l’occasion en buvette surréaliste, Darwin héberge également ses créateurs qui y dorment le temps de la foire… Mais nous voici devant la tente des créations monumentales de Show Off. A l’entrée, la galerie A.P.C. présente le Black Eye CU du belge Arne Quinze – artiste dont on a pu admirer cet été, à Rouen, l’immense construction en bois édifiée sur le pont Boieldieu. Des forces surnaturelles s’en dégagent, métaphores du fragile équilibre de l’homme. Flanquée de vidéos représentant chacune un œil en mouvement, la sculpture d’un noir mat s’impose dans l’espace, capte notre propre regard : à vous de deviner ce que recèle ce sombre enchevêtrement de lattes de bois  ? A.-S. P.
Courtesy Galerie Vanessa Quang.  vu au Show Off
Effet Charcot, Voluspa Jarpa, Show Off 2010

Access & Paradox

photo MLD
Vue du stand de la galerie Exprmntl
L’espace des Blancs Manteaux est un lieu idéal pour accueillir une manifestation d’art contemporain à taille humaine. Au cœur d’un des quartiers les plus prisés de la capitale, le Marais, le bâtiment de 1 000 m2 abrite jusqu’à lundi Access & Paradox. «  Foire de la scène émergente où les galeries sont invitées à transcender l’espace du stand d’exposition en présentant des projets curatoriaux originaux  », selon les souhaits des organisateurs, l’événement réussit son entrée. La clarté du lieu et une élégante scénographie aérée permettent aux œuvres de s’épanouir et aux visiteurs de se sentir bien. Si certaines installations, au caractère expérimental, laissent perplexes, il n’en va pas de même pour l’ensemble des propositions. Il faut prendre son temps et ne pas hésiter à inspecter chaque mur pour éviter de passer à côté d’un travail discret et néanmoins fascinant… celui d’Aldo Caredda. La galerie Intuiti qui présente Not for sale est fortement engagée dans la promotion de cette œuvre qu’elle expose également et jusqu’au 6 novembre dans son espace de la rue de Thorigny (75003). Après avoir déposé du chewing-gum sur son index droit, l’artiste l’appose sur une goutte de peinture acrylique noire. L’empreinte issue de ce simple geste peut ensuite être montrée sur des supports différents. Ici, de petits carrés de verre encadrés d’un bord en plastique blanc à l’instar d’une diapositive. Dans cette matrice ovale, des formes organiques dansent et se déploient. Une économie de moyens pour un résultat magnétique et intrigant. Juste à côté, la galerie Plume présente Naissances d’Etienne Zucker, une vidéo témoin d’étranges métamorphoses qui rend compte du talent de dessinateur et de coloriste de l’artiste. Laissez-vous entraîner par cette douce frénésie poétique avant de rejoindre la galerie Exprmntl de Toulouse qui présente l’œuvre protéiforme de Charley Case. Tour à tour peintre, dessinateur, photographe, installateur ou vidéaste, l’artiste belge est insaisissable mais laisse derrière lui des preuves de ses préoccupations artistiques. En lien permanent avec la nature, y compris humaine, il traque la vie, s’interroge sur son identité, son devenir. A découvrir absolument une vidéo, un tondo et des dessins. Avant de se quitter, une petite mise en garde  : les divers objets posés au sol d’un des stands ne sont pas les éléments d’une installation a priori sans grand intérêt mais les témoins muets d’une performance qui vient de se dérouler et que vous avez manquée… Avec l’art contemporain, tout jugement hâtif est le plus souvent présomptueux. M.-L. D.

Vu au Show Off.
Darwin, Atelier Van Lieshout, 2010

GALERIE

Contact
Crédits photos