Domergue et Lejeune – L’illusion du réel

Philippe Domergue

Depuis longtemps fasciné par l’ambiguïté de la photographie, Philippe Domergue s’octroie le malin plaisir de parsemer nos lieux et cadres de vie de ses œuvres. Masquant ici un pan de mur, dérobant là une portion de paysage, enveloppant ailleurs un bois flotté ou un galet, il invite irrésistiblement, à travers ses clichés, à partager ses réflexions sur le « rapport de l’homme à son environnement et à la perception qu’il en a ». Entre présence et absence, ses récents travaux, issus de sa « pratique critique et poétique de l’image », s’interrogent sur le statut de l’image, son ambiguïté, à une époque aussi imaginative que féconde en termes de révolution numérique. L’artiste présente notamment plusieurs installations murales, réalisées à partir de portes récupérées puis découpées selon un format précis et normalisé, soit 21 x 29,7 cm. « Ces puzzles muraux quadrillent l’espace et renvoient au premier stade du processus photographique : la découpe optique du réel avec le viseur de l’appareil photo », explique-t-il. « Ils renvoient aussi à la structure de l’image numérique, à sa division en pixels et au changement du registre de production et de perception des images. »

Jouant de manière similaire sur notre perception du réel, Marie-France Lejeune construit une œuvre autour de la photographie, explorant ses spécificités pour mieux semer le doute et le trouble à travers notre univers sensoriel. Elle propose ainsi une étonnante et fascinante série de «  sculptures photographiques  », toutes conçues également selon un format unique et minutieusement pensé de 40 x 50 cm. «  Pour réaliser ces séries, j’ai dans un premier temps photographié beaucoup de matières, pour au final n’en conserver que quatre  : deux de tissus, une d’un store rouillé et celle d’un paillasson en plastique » Le papier supportant l’image nouvellement créée a ensuite été manuellement travaillé, subissant de légères distorsions, imaginées par l’artiste, avant de devenir, à son tour, protagoniste et cible de l’objectif. «  Ce sont des sculptures purement photographiques, commente Marie-France Lejeune. Sans le médium photographique, elles n’existeraient pas. Elles sont à la fois rendu et matière. Il s’agit de mise en scène photographique mais aussi de mise en scène de la photographie »

Marie-France Lejeune
Sculptures photographiques, Marie-France Lejeune, 2007

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