Lyndell Brown et Charles Green – Archives en trompe-l’œil

Lyndell Brown est photographe, Charles Green peintre, tous deux sont australiens et ont entamé depuis plus de trente ans une collaboration artistique originale. Une démarche commune qui voit s’entremêler leurs travaux respectifs jusqu’à donner naissance à un troisième mode d’expression. Leurs œuvres se lisent comme de véritables «  bric à brac visuels  », autant de trompe-l’œil sur lesquels viennent se déposer d’innombrables souvenirs  : photographies de personnes ou de paysages, cartes postales ou articles de journaux, mais aussi aplats de couleurs, papiers froissés et éléments plus conceptuels. Infatigables voyageurs, ils sont des observateurs attentifs des hommes rencontrés, des environnement traversés, et accumulent moult clichés au fil de leurs séjours et déplacements, parfois à risques comme en Irak et en Afghanistan.

L’Inde et sa culture vive et colorée viennent de façon récurrente visiter leur travail. Hare Rama Hare Krishna (2008-2009) semble ainsi tout droit inspirée des paillettes et danses frénétiques de Bollywood. Dans Ark (2009), le duo se réfère à une scène vécue dans le Nord du pays et représente, de manière stylisée, un arbre de vie planté au milieu d’un champ empli de pèlerins. L’espace du tableau est pris d’assaut par de multiples images qui livrent chacune une histoire. La toile est bavarde, tout en témoignant de la quiétude apportée par la profonde spiritualité qui y règne.

Le développement des technologies numériques a offert à Lyndell Brown et Charles Green de nouveaux outils, accompagnant l’évolution de leur contemplation du monde, des cultures et de la nature. Ils vouent une attention toute particulière au travail de la lumière, qui, parfois, fait naître des reflets fantomatiques. Presque toujours, les frontières entre réalité et fiction, entre passé et présent, se brouillent. Lointains disciples de Velasquez, Goya, El Greco ou Ingres, les deux artistes admirent la puissance évocatrice des toiles de ces grands maîtres et s’en inspirent pour transmettre leur appréhension du monde, dont, patiemment, ils archivent les éléments clés.

Lyndell Brown & Charles Green courtesy Heiser gallery
Ghost story, Lyndell Brown & Charles Green, 2011

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