Daniel Buren à Bruxelles – Arborescence intime

Daniel Buren

Depuis les années 1960, Daniel Buren utilise des bandes verticales blanches et colorées de 8,7 cm de large pour développer son travail dans toutes sortes de lieux privés et publics. Invité du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’au 22 mai, il y déploie une proposition spécifique et inédite où ses propres travaux côtoient ceux d’artistes ayant influencé son riche parcours.

Comment faire une rétrospective de son travail quand 80 % des œuvres réalisées sont des installations in situ qui disparaissent après l’exposition ? Cette question, Daniel Buren se la pose depuis longtemps. L’artiste français né en 1938, dont tout le monde connaît les bandes de couleur déclinées sur de multiples supports ou éléments d’architecture, décide en 1968 qu’il ne peindra plus jamais. Il achète de la toile rayée pour auvent au Marché Saint-Pierre, célèbre magasin de tissu à Paris et cette toile – non peinte – aux rayures larges d’exactement 8,7 cm sera son principal motif. Ainsi, Buren peut cesser de peindre et pourtant continuer à créer, se posant au fil des décennies cette question centrale : qu’est-ce que l’œuvre ? Et découvrant qu’il y a quand même une part de subjectivité.

Pour sa non-rétrospective au Palais des Beaux-Arts, l’artiste propose une immense installation dans laquelle il invite des artistes du passé et d’aujourd’hui, sélectionnés pour le lien intime – lien d’influence, d’inspiration voire lien d’amour – qu’il entretient avec eux. « Ceci n’est pas une rétrospective, ni une exposition de groupe, ni un dialogue ou une façon de faire entrevoir un goût particulier », précise Joël Benzakin, non-commissaire de l’exposition, élégamment nommé assistant de réalisation – car, bien évidemment, Daniel Buren n’aime pas les commissaires d’exposition !

Au fil d’un long parcours, c’est à un jeu de piste dans les salles de Bozar que le visiteur est invité. Démarrons avec la Salle des empreintes, avec la trace laissée vide aux murs et sur le sol de toutes les œuvres sélectionnées par l’artiste, des muralistes mexicains qu’il découvrit tout jeune, en passant par Gerhard Richter, Marc Chagall, Simon Hantaï, Mario Merz, Sol LeWitt, Fernand Léger, Giuseppe Penone, Lee Ufan (à voir actuellement à la Fondation Boghossian), mais aussi des artistes plus jeunes avec lesquels il a travaillé, comme Ann Veronica Janssens, Pascale Marthine Tayou, Sophie Calle, Chen Zhen, etc. C’est l’arborescence intime de l’artiste, son iconothèque profonde, toutes les œuvres qui lui ont ouvert le cœur et les yeux au fil d’une vie, qu’il offre à notre regard. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Daniel Buren
Travail in situ à Bozar avec (de gauche à droite) des tableaux signés Lee Ufan et Ellsworth Kelly, Daniel Buren, 2016.
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