Alain Prillard – Dans la maison du lézard chanceux

L'atelier

Où se niche la poésie  ? Sûrement à Crégols, un village situé à quelques kilomètres de Saint-Cirq-Lapopie, dans la vallée du Lot. Alain Prillard y a élu domicile en 1995 et il y développe depuis un univers sensible et très intrigant. Graveur, faiseur d’images, sculpteur  ? L’artiste s’amuse à brouiller les pistes. Une visite à l’atelier permettra peut-être d’appréhender les limites de ce créateur multiple, si tant est qu’il en ait  !

Le premier souvenir

«  Quand j’ai visité cette maison, j’ai découvert dans un vieux seau émaillé un lézard prisonnier que j’ai libéré. Elle est aussitôt devenue la maison du «  lucky wizard  » (le lézard chanceux). Dans la cour, un ancien séchoir à tabac était le lieu idéal pour y installer mon atelier. Il m’a suffi d’y percer des fenêtres. Je rêverais d’avoir des ateliers dans d’autres lieux mais c’est malheureusement impossible.  »

Une journée à l’atelier

«  J’y suis tous les jours à partir de 8 heures. J’aimerais arriver plus tôt, à 5, 6 heures du matin. Mais c’est un vœu pieux car je suis incapable de me lever  ! Mon atelier est empli de gisements. Je laisse les objets «  se charger  » dans un coin et je range. Je revois des choses connues avec un œil nouveau ce qui donne naissance à une idée, un projet. J’ai besoin de beaucoup d’espace, d’une grande table pour le collage et l’encrage. Je ne me suis jamais pensé comme un peintre. Mais j’ai toujours beaucoup dessiné, des petits monstres, des minotaures. Il me manque peut-être un endroit pour écrire.  »

La gravure

«  J’aime la gravure, le graphisme du noir et blanc, la possibilité du multiple. Ce milieu n’est pas du tout mondain. On y trouve des personnes très engagées socialement. Le travail y a beaucoup d’importance. On ne juge pas mais on regarde la technique. J’apprécie cet amour ouvrier de la belle ouvrage. J’ai fait beaucoup de gravure. Mais je travaille davantage avec ma tête maintenant  !  »

L’écriture

«  Je suis très embêté avec l’écriture, je ne peux pas m’en empêcher. J’aime les aphorismes, la pensée concentrée. Il y a quinze ans, j’ai créé des unes de journaux imaginaires, comme The Daily Pig, La Mémoire du crocodile ou Les Nouvelles du village. J’ai franchi le cap de la revue «  en chair et en os  » il y a huit ans. Quercica Chronica paraît tous les quatre ans et c’est mon blog papier en quelque sorte.  »   

Les poules

«  Je prépare une exposition à Paris*, ce qui me permet de travailler la couleur. C’est très agréable. Pourquoi les poules  ? Parce que j’aime bien les poules tout simplement  ! Plus sérieusement, je suis très sensible à la façon dont notre société traite les animaux. Je ne peux pas m’empêcher de faire un parallèle avec le traitement réservé aux hommes.  » 

Houdini Club

«  L’idée m’est venue en pensant à Houdini bien sûr, ce grand illusionniste à qui aucune chaîne ne résistait. Dans cet espace virtuel se trouvent toutes les personnes qui créent leur propre enfermement et qui cherchent ensuite à s’en échapper. Soit elles restent dans la cage, soit la cage n’existe pas.  »

L'intérieur de l'atelier
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