El Anatsui à Sydney – Le lien salvateur

El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery

Five Decades est la première exposition d’envergure d’El Anatsui en Australie. Présentée par le centre d’art Carriageworks – installé sur une ancienne friche industrielle – et la galerie Anna Schwartz, en partenariat avec le Festival de Sydney*, elle prend la forme d’une rétrospective de son travail depuis les années 1970. Outre ses désormais célèbres et monumentales sculptures murales, le visiteur peut y découvrir une trentaine d’œuvres – sculptures sur bois, céramiques, gravures et installations déployées à même le sol – qui témoignent de la diversité de la démarche du plasticien ghanéen. Installé depuis 40 ans au Nigéria, il est le premier artiste africain à avoir reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière  : c’était en mai dernier, lors de l’inauguration de la 56e Biennale de Venise. S’il puise inlassablement dans les traditions culturelles et esthétiques qui sont les siennes – nombre de ses céramiques, gravures et sculptures sont, par exemple, porteuses d’Adinkra, symboles visuels typiques de l’Afrique occidentale, représentant des concepts ou des aphorismes –, c’est pour mieux les intégrer dans une attitude résolument ouverte au monde. Celle-ci s’est traduite au fil des ans par moult voyages et résidences, vécus comme autant de sources de découvertes et de questionnements, voire d’inquiétude. «  Si El Anatsui adresse des questions propres à l’histoire récente du Ghana et du Nigéria, force est de constater leur universalité, fait remarquer Beatrice Gralton, en charge des arts visuels pour Carriageworks. C’est pourquoi ses immenses assemblages muraux nous atteignent si profondément et suscitent des réactions viscérales.  » Fruits d’un minutieux et patient travail d’assemblage de divers matériaux recyclés, notamment les bouchons, habillages du col et autres bagues en aluminium de bouteilles d’alcool, ces pièces sont en effet pour l’artiste un moyen de rappeler, notamment, que l’alcool était une des marchandises amenées en abondance par les premiers colons européens. «  Travailler avec ce matériau est pour moi une manière d’évoquer le début de l’histoire commune de l’Afrique et de l’Europe, expliquait El Anatsui lors du vernissage de son exposition au Domaine de Chaumont-sur-Loire, en avril dernier. Par ailleurs, je crois que quand un être humain touche quelque chose, il lui transmet une forme d’énergie  ; il y a donc un lien entre tous les gens qui ont manipulé l’un de ces multiples éléments. J’ai le sentiment, à travers mon œuvre, de rattacher ces personnes les unes aux autres et, plus largement, de créer du lien entre l’humanité toute entière.  »

* Initié en 1977, le Festival de Sydney est une manifestation culturelle pluridisciplinaire qui se tient tous les ans au mois de janvier.

El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery
Adinkra Sasa, El Anatsui, 2003
El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery
Sculpture signée El Anatsui, web_elanatsui-0042.jpg
El Anatsui, photo courtesy Jack Shainman Gallery
Womb of Time, El Anatsui, 2014
El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery
Vue de l’exposition@Five Decades à Sydney, El Anatsui
El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery
web_elanatsui-0014.jpg, Vue de l’exposi…,
El Anatsui, photo courtesy Jack Shainman Gallery
Open(ing) Market (détail), El Anatsui, 2004
El Anatsui, photo Carriageworks courtesy Jack Shainman Gallery
Vue de l’exposition@Five Decades à Sydney, El Anatsui

GALERIE

Contact
Crédits photos