Shimabuku à Bordeaux et Vassivière – Rencontres d’un autre type

Shimabuku, photo Aurélien Mole, courtesy galeries Air de Paris, Nogueras Blanchard (Barcelone), Wilkinson (Londres)

Parallèlement à une vaste exposition proposée par le Centre international d’art et du paysage de l’île de Vassivière, dans le Limousin, le plasticien japonais Shimabuku présente, au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, le fruit de la résidence effectuée il y a un an à l’invitation du musée et de l’école des Beaux-Arts de la capitale girondine. Une double occasion de découvrir une œuvre pleine d’humour et de poésie.

«  Il vaut mieux éviter tout contact avec les formes de vie extra-terrestres  » est une citation empruntée au cosmologiste anglais Stephen Hawking. C’est aussi le titre sous lequel Shimabuku a choisi de rassembler l’ensemble des installations – certaines spécifiquement conçues pour le lieu – déployées sur l’île de Vassivière. Il résonne comme une invitation lancée à prêter, avant tout, attention à ce qui, déjà, nous environne. Dans ses jeunes années, le plasticien japonais, né à Kobé en 1969 et installé aujourd’hui à Berlin, a longtemps hésité entre devenir poète ou guide touristique. Par les rencontres et les conversations qu’il suscite à travers la lecture de ses œuvres, l’artiste, finalement, joue sur les deux registres. Se posant en tant qu’observateur de la nature, des animaux – avec lesquels il entretient une relation singulière – et des hommes, il soulève des questions simples, empreintes d’une sagesse toute asiatique, et distille sur son chemin de petites leçons de vie. A la fois fantaisiste et absurde, son univers empli d’humour n’en est pas moins infiniment poétique. Il témoigne aussi de l’importance aux yeux de l’artiste du détail et de son goût pour le langage, la sémiologie et l’étymologie.

Fasciné par la lamproie

A Vassivière, l’exposition prend la forme d’un parcours parsemé de « situations », auxquelles le visiteur est invité à prendre part. S’entraîner sur un practice de golf intérieur (Faire quelque chose que tu n’avais pas prévu), s’entretenir des choses de la vie avec une tortue – figure centrale dans son travail – dans la salle des études (Mon professeur la tortue), s’essayer à Faire sourire les animaux, qui paissent tranquillement dans le parc de l’île, sont quelques-unes des activités insolites et ludiques proposées au public. Son inspiration, Shimabuku dit la puiser au fil de son quotidien, dont il consigne toutes les anecdotes qui nourrissent une œuvre constituée également de performances et de vidéos. C’est ce dernier pan de son expression artistique qui est plus particulièrement mis à l’honneur au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, dans une exposition qui vient conclure un temps de résidence dans la capitale girondine. L’occasion pour l’artiste de partir à la rencontre de représentants du patrimoine local – notamment des ostréiculteurs, des éleveurs, des pêcheurs et des restaurateurs. Sur L’eau retrace, à travers plusieurs films réalisés au fil de son séjour, ses découvertes et la fascination exercée sur lui par… la lamproie ! A visionner sans modération.

Shimabuku, photo Aurélien Mole, courtesy galeries Air de Paris, Wilkinson (Londres)
Mon professeur la tortue, production du Centre international d’art@et du paysage de l’île de Vassivière, Shimabuku, 2011

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