Christophe Terlinden à Bruxelles – Poétiser le monde

L’Iselp, l’Institut supérieur pour l’étude du langage plastique, présente jusqu’au 29 novembre à Bruxelles No Sugar, une exposition rétrospective de l’œuvre de Christophe Terlinden. L’occasion de découvrir le parcours singulier de cet artiste belge, qui décline une création mêlant humour et poésie sous de multiples formes, allant du dessin à des interventions dans l’espace public, en passant par le son, la vidéo, le graphisme et le design.

Toujours armé de son appareil photo, Christophe Terlinden puise ses idées autant au cours de ses balades en ville qu’à la campagne. Captant ce qui l’entoure, il s’en empare, le transforme au gré de ses réflexions, pour en offrir ensuite sa version remasterisée. Les objets qu’il rassemble, il les a tous sélectionnés par un processus qui allie une réflexion profonde sur la société, la politique et le monde d’aujourd’hui avec beaucoup d’humour et de poésie. Interrogeant son environnement immédiat, il produit des œuvres à l’aspect simple, mais dont le sens recouvre une multitude de visions. Ainsi, on peut dire que c’est la faille ou les limites de ce qu’il interroge – lieu, objet ou bâtiment – qu’il donne à voir.

Prenons Jaune Minimum, le cadran d’horloge en verre que l’artiste a restauré en 1995 en le colorant en jaune, grâce à la permission du chef de gare, sur la façade de la gare du Luxembourg dans le quartier Leopold à Bruxelles. Cette gare perdue au milieu du quartier européen était la trace d’une partie de la ville détruite à jamais. En installant ce cadran jaune soleil sur cette façade classée, Terlinden pose un point sur quelque chose qu’il aimerait qu’on voie, cette déshérence d’un quartier. Cette horloge devient un repère temporel et lumineux. En 1997, l’horloge est détruite par des étudiants durant la Saint-Nicolas et l’artiste en récupère les morceaux. Présentée aujourd’hui comme un puzzle, elle trouve sa place dans l’exposition au centre de la grande salle de l’Iselp. On peut y voir une archive de cette installation faite il y a vingt ans, mais aussi une belle métaphore du temps qui passe.

En 1999, Terlinden s’empare du drapeau européen, dont on sait peu que les douze étoiles et la couleur bleue sont inspirées de la couronne de 12 étoiles dont la Vierge était coiffée dans une image évoquée dans l’Apocalypse de Saint Jean et le fond bleu, de la couleur traditionnelle du manteau de la madone. Des références chrétiennes que l’artiste interroge à juste titre. Il proposa à la place un drapeau orné d’un cercle continu, symbolisant l’union. Ce drapeau a été présenté à plusieurs manifestations artistiques à travers l’Europe – par exemple sur le toit du Wiels, à Bruxelles – et est exposé de façon permanente sur le campus des arts international de deSingel, à Anvers. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Christophe Terlinden
Jaune Minimum, Christophe Terlinden, 1995

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