Le pays du Lotus bleu se dévoile à Bruxelles

Depuis le 8 octobre nos amis belges vivent au rythme de l’empire du Milieu. Pour le festival Europalia qui cette année propose une plongée au cœur de la culture et de la pensée chinoises, ce sont plus de 450 spectacles et pas moins de 50 expositions qui se dérouleront jusqu’au 10 janvier. Après l’exposition Fils du ciel autour de la figure sacrée de l’Empereur et de 5 000 ans d’histoire, le palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueille la scène artistique contemporaine chinoise : une confrontation qui réunit plus de cinquante artistes du plat pays et des enfants des « fils du ciel ». Imaginée et orchestrée par AI Weiwei, ancien conseiller artistique auprès du cabinet d’architecture suisse Herzog & de Meuron pour la réalisation du stade national de Beijing (le Nid d’oiseau), et Luc Tuymans, figure emblématique de la scène artistique belge, l’exposition The state of things évoque un certain nombre de questions : tantôt sur le pacte faustien qui unit aujourd’hui l’artiste et le marché de l’art, la création et le marketing ; tantôt sur la réalité des échanges et des influences qui régissent le travail des créateurs. A cette dernière question, selon les commissaires associés, Fan Di’an, directeur du National Art Museum of China, et Philippe Perotte, directeur du Kunsthalle de Bern, il semble bien que les artistes chinois et belges n’aient que très peu de chose à partager, aussi bien en termes de contexte culturel que de thématiques. Au final, l’exposition souligne l’abîme qui sépare le République populaire de Chine en pleine expansion, de la lilliputienne et complexe Belgique.
Wim Delvoye
Twisted Jezus, Wim Delvoye, 2006

La force symbolique qui se dégage de l’œuvre de Chi Peng, le plus jeune artiste de l’exposition, montre les mutations d’un pays en passe de devenir l’une des premières puissances mondiales. Dans un photomontage, il se met en scène ; démultiplié et nu, il s’élance sur le bitume d’une avenue pékinoise vers un avenir prometteur, n’était la présence d’une escadrille d’avions miniatures peints en rouge évoquant les sentinelles qui, encore aujourd’hui, « veillent » avec vigilance sur la jeunesse ! Si les artistes chinois sont le plus souvent attachés à la figuration en peinture, en vidéo et en photographie ils font preuve d’une grande imagination souvent teintée d’humour pour rendre compte de l’évolution de leur pays. Parmi les œuvres des artistes belges, plus abstraites ou conceptuelles, la lecture des notions de représentation et de réalité est moins immédiate. Ann Veronica Janssens dans une démarche minimaliste, joue d’effets d’optique et de lumière pour rendre visible et palpable l’insaisissable. Sa sculpture Cocktail, constituée d’un aquarium rempli d’eau et d’huile révèle divers effets de lumière causés par le désamour des deux composants. A la fois épurée, subtile et changeante, l’œuvre veille à repousser les limites de notre perception.

Ann Veronica Janssens, Gasull/Toni Tapiès, Lender: Bruno Van Lierde
Cocktail Sculpture, Ann Veronica Janssens, 2009

Artistes chinois : Chi Peng, Ding Yi, He Yunchang, Jing Kewen, Kan Xuan, Li Dafang, Li Zhanyang, Lin Tianmiao, Lin Yilin, Liu Wei (1965), Liu Wei (1972), Liu Xiaodong, Lu Qing, Shang Yang, Shi Guorui, Shi Jinsong, Sui Jianguo, Wang Luyan, Wang Xingwei, Xia Xiaowan, Xu Zhen, Yan Lei, Yang Fudong, Zheng Guogu, Zhou Xiaohu.

Artistes belges : Francis Alÿs, Carla Arocha/Stéphane Schraenen, Sven Augustijnen, Guillaume Bijl, Dirk Braeckman, Vaast Colson/Dennis Tyfus, Jef Cornelis, Jos De Gruyter & Harald Thys, Wim Delvoye, Danny Devos, Robert Devriendt, Patrick Everaert, Jan Fabre, Dora Garcia, Geert Goiris, Johan Grimonprez, Kati Heck, Ann-Veronica Janssens, Bernd Lohaus, Ives Maes, Benoit Platéus, Boy Stappaert, Ana Torfs, Joëlle Tuerlinckx, Jan Van Imschoot, Vanessa Van Obberghen, Jan Vercruysse, Gert Verhoeven

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