Bernhard Rüdiger – Sur les pales du temps

Thomas Schütte, photo Blaise Adilon

A travers l’enseignement qu’il prodigue, ses écrits et son importante production plastique, Bernhard Rüdiger questionne les fondements de l’œuvre et, plus largement, son rapport à la société et à l’histoire contemporaine. Ses pièces, la plupart du temps sculpturales, invitent le spectateur à faire l’expérience d’une perception active et personnelle au centre d’un espace et d’une temporalité qui lui sont étrangères. Un univers sensoriel où le regard rencontre la matérialité du son. L’exposition Locus Oculi, (le lieu comme œil, ou l’œil comme lieu), conçue par l’artiste, répond à une invitation du conseil général de la Loire d’explorer les collections du musée d’Art moderne de Saint-Etienne et de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne afin de provoquer un nouveau regard sur quelque 70 œuvres de différentes époques, de la Renaissance à nos jours. A l’origine de cette rencontre, un lieu unique, le château de la Bâtie d’Urfé, ancienne place forte réaménagée en 1535 par l’humaniste Claude d’Urfé. Au sein de cette architecture surprenante inspirée de la Renaissance italienne et française, Bernhard Rüdiguer déploie Petrolio (locus desertus), une sculpture sonore en forme d’éolienne qui scande le temps d’un son de cloche. Des battants fixés aux extrémités des pales s’activent au rythme du vent. Dans un contexte d’inquiétude généralisé sur le devenir de la planète, l’artiste entend stimuler l’imagination et faire naître des espaces où l’homme pourrait être perçu à la fois dans sa dimension physique et charnelle et dans sa dimension philosophique  ; comme un corps pensant, conscient de son être au monde. La Bâtie d’Urfé devient alors le lieu de face-à-face inédits. Les œuvres dialoguent les unes avec les autres ouvrant de nouvelles perspectives entre un passé idéalisé et un futur incertain.
AV Janssens et R. Hausmann, photo Blaise Adilon
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