Catherine Ursin – Les femmes qui pleurent

Une plainte s’échappe d’un coffret de bois accroché au mur. On ne voit pas la pleureuse qui y est enfermée. Elle est porteuse d’un chagrin si ancien qu’il ne lui en reste que les sanglots. Dora, prisonnière d’une boîte à malheur, donne de la voix pour ses sœurs muettes : Eugénie, Martine, Marie, Honorine… Ces femmes qui souffrent, Catherine Ursin les a réunies autour d’une grand-mère symbolique. Trait d’union entre notre monde et les enfers, l’aïeule est sortie de sa tombe sans colère mais avec la longue liste des supplices et des victimes. L’hécatombe est telle que le cimetière est empli de croix anonymes… L’artiste tutoie depuis longtemps la puissance de la nature. Elle se fait disciple des forces telluriques quand elle découpe, martèle et cisaille le métal. Elle passe dans le camp des sorcières quand elle habille ses œuvres d’os, de plumes ou de dents… Et se fait exorciste pour cette exposition, aboutissement d’une réflexion au long cours sur la violence. La violence, non comme projet, mais présence sournoise, constat effarant, serpent roublard qui traverse les vies et les corps. Sur l’échelle de la démesure, le sacrifice représente la brutalité extrême car il exige l’adhésion de sa victime. Au commencement était le destin. Comment a-t-il pu devenir fatalité ? 
Catherine Ursin
Ma grand-mère est sortie de sa tombe, détail., Catherine Ursin
Catherine Ursin
Les Petites Sœurs pendues, Catherine Ursin

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