Philippe Huart – Les accrocs au bonheur

Bonbons, gélules et sodas miroitent, étincellent, brillent de tous les feux de la gourmandise ou de la convoitise, comme surpris dans le faisceau d’une lanterne magique. Sous des couleurs vives, chatoyantes et acidulées, se nichent de secrètes addictions, un univers clinquant et joyeux par trop familier pour ne pas inquiéter. Ce monde réaliste et souriant nous ferait bientôt oublier le sérieux et la part d’angoisse que nous livre Philippe Huart ; il explore et analyse, pour mieux la dénoncer la dépendance, dont tant d’individus se trouvent affligés au sein de notre société de consommation, une société où l’image est devenue le support fondamental de toute communication. De l’innocence enfantine avec laquelle nous nous satisfaisions, souvenons-nous, d’une simple sucrerie, au rêve américain écorné, que vient illustrer le désormais universel personnage de Mickey, en passant par les allusions claires à l’aliénation induite par les psychotropes en tout genre, rien n’échappe au regard critique et acéré de l’artiste. Inlassablement, il traque, répertorie, nous alerte et force le trait en grossissant à l’extrême des détails symboliques d’un marché globalisé et dissèque tout indice symptomatique de cette pandémie, de ce besoin maniaque et quasi obsessionnel qui pousse l’homme à toujours plus consommer, pour ensuite patiemment nous en livrer sa mordante interprétation. Derrière une première lecture toute de paillettes et de dérision, son ironie cinglante vient ranimer nos consciences endormies, provoquer nos intelligences assoupies, secouer notre confortable et si douillette léthargie ; et nous rappelant combien la réalité souvent s’avère illusoire, les toiles de Philippe Huart se révèlent autant de savoureux trompe-l’œil… à déguster sans modération.

Philippe Huart courtesy galerie Artima
Wild angels, huile sur toile (130 x 195 cm), Philippe Huart, 2009

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